L’énergie psychologique existe-t-elle vraiment ?
- Guillaume Baissette

- il y a 18 minutes
- 22 min de lecture

La métaphore de la batterie intérieure
Je me suis rendu compte, finalement, que nous parlions assez souvent d’énergie au cours des consultations. Le terme revient chez les personnes que j’accompagne, que ce soit pour un TDAH ou non. Certaines disent manquer d’énergie depuis plusieurs semaines. D’autres en avoir beaucoup le matin, puis plus du tout quelques heures après. Il arrive qu’une personne ne se sente absolument pas capable de répondre à un courrier administratif, tout en pouvant ensuite consacrer une soirée entière à une activité qui l’intéresse. Une autre parvient à travailler, à s’occuper de ses proches et à répondre aux exigences ordinaires, mais décrit chacune de ces actions comme si elle devait extraire d’elle-même une force devenue presque inaccessible.
Le mot semble, dans ces moments-là, aller de soi. Chacun comprend approximativement ce que signifie « je n’ai plus d’énergie ». Je l’utilise d’ailleurs moi-même, comme tout le monde, parce qu’il condense assez efficacement une expérience parfois difficile à décrire autrement.
Il a pourtant toujours suscité chez moi une certaine vigilance. Mes dernières années de lycée en filière physique-chimie (et un bref passage en fac de physique avant de retourner vers la psychologie), puis mon intérêt ancien pour le scepticisme scientifique, m’ont rendu particulièrement méfiant devant les usages approximatifs du terme "énergie", notamment dans certaines approches ésotériques prétendument thérapeutiques. L’énergie y devient une entité invisible dont les blocages, les déséquilibres ou les circulations expliqueraient presque indifféremment la fatigue, les émotions, les maladies ou les difficultés relationnelles. Le mot paraît précis alors qu’aucune grandeur définie n’est réellement mesurée.
L’usage clinique ordinaire du terme ne se confond évidemment pas avec ces discours. Une personne qui dit manquer d’énergie ne formule pas nécessairement une théorie sur le fonctionnement de son esprit. Elle décrit quelque chose de réel : un ralentissement, une lourdeur, une difficulté à se mobiliser, une fatigue ou une disparition momentanée de l’élan vers l’action.
Cette proximité lexicale pose néanmoins une question. Lorsque nous parlons d’énergie psychologique, décrivons-nous une expérience globale ou désignons-nous une quantité réelle que l’organisme posséderait, dépenserait puis reconstituerait ? Autrement dit, l’image de la batterie intérieure constitue-t-elle seulement une métaphore pratique, ou finit-elle par organiser notre compréhension de l’action humaine ?
La question ne me paraît pas secondaire. Une métaphore peut éclairer une expérience, mais elle transporte aussi avec elle un ensemble de présupposés. La batterie suggère l’existence d’un stock limité, dont les différentes activités prélèveraient une certaine quantité. Le repos remplirait progressivement ce stock. La fatigue indiquerait ce qu’il reste. Une personne suffisamment « chargée » devrait, en principe, pouvoir utiliser cette énergie pour agir.
Or une grande partie de ce que nous observons dans la vie quotidienne, et particulièrement dans le TDAH adulte, résiste à cette représentation.
Une grandeur physique devenue métaphore psychologique
En physique, l’énergie possède une définition formelle. Elle constitue une grandeur quantifiable, exprimée dans une unité commune, le joule, et intégrée à des relations mathématiques permettant de décrire ses transformations. Un système peut convertir une forme d’énergie en une autre, et son bilan énergétique peut être calculé en fonction de propriétés précisément définies.
Le fonctionnement psychologique dépend bien entendu de processus énergétiques réels. Le cerveau et l’ensemble du corps ont besoin d’oxygène et de glucose. Les cellules produisent et utilisent de l’ATP. L’activité mentale s’inscrit dans un organisme dont le métabolisme, la thermorégulation, le fonctionnement endocrinien et l’état immunitaire influencent la vigilance, l’humeur et les performances.
Un manque de sommeil, une infection, un effort physique prolongé ou certains troubles métaboliques peuvent modifier très concrètement la capacité à réfléchir et à agir. Il serait donc absurde de détacher complètement la vie mentale des conditions énergétiques de l’organisme.
Cette dépendance ne suffit toutefois pas à établir une équivalence entre l’énergie métabolique et ce que nous appelons, dans la vie quotidienne, l’énergie mentale. Une tâche peut être vécue comme extrêmement éprouvante sans produire une augmentation proportionnelle de la consommation cérébrale de glucose. Une personne peut également se sentir très fatiguée tout en maintenant de bonnes performances, ou perdre en efficacité sans ressentir un épuisement majeur.
Surtout, la psychologie ne dispose pas d’une unité commune qui permettrait de comparer et d’additionner toutes les « dépenses » mentales. Nous ne pouvons pas calculer l’équivalence entre une heure de concentration, une décision difficile, une conversation conflictuelle, une inquiétude prolongée et un effort pour inhiber une impulsion. Il n’existe pas davantage de loi permettant de déterminer quelle quantité précise de repos restaurerait ce qui aurait été consommé.
La possibilité de mesurer certaines dimensions, comme la somnolence, la vitalité ressentie, la fatigue ou la persistance, ne démontre pas l’existence d’une énergie psychologique générale. Elle montre seulement que nous pouvons opérationnaliser séparément certains phénomènes que le langage ordinaire rassemble sous un même mot.
C’est sans doute là que se situe la première difficulté. Le prestige explicatif du terme "énergie" peut nous faire croire que nous avons identifié un mécanisme, alors que nous avons seulement donné un nom global à plusieurs expériences.
Que veut dire « je n’ai plus d’énergie » ?
Lorsqu’une personne prononce cette phrase, elle peut décrire des états très différents.
Elle peut lutter pour rester éveillée, se sentir physiquement faible ou ralentie. Elle peut aussi être parfaitement réveillée et ne pas parvenir à commencer une tâche. Dans d’autres situations, le premier geste est possible, mais l’action ne tient pas dans la durée. La personne commence plusieurs fois, s’interrompt, revient à la tâche, puis se disperse.
Le manque d’énergie peut également désigner une diminution de l’intérêt. L’action reste matériellement possible, mais plus rien ne semble l’attirer suffisamment pour produire un engagement. Chez certaines personnes, le terme renvoie davantage à un épuisement émotionnel, comme si toute nouvelle sollicitation venait s’ajouter à un ensemble devenu impossible à contenir.
Enfin, une personne peut présenter une activation importante, beaucoup parler, bouger, passer rapidement d’une pensée à une autre, tout en se trouvant incapable d’orienter cette activation vers un but déterminé. L’agitation donne alors une impression extérieure d’énergie, tandis que l’expérience intérieure reste celle d’une désorganisation ou d’une impossibilité à agir.
Ces états peuvent coexister, mais leurs relations ne sont pas constantes. Une personne peut être éveillée et démotivée, motivée et somnolente, agitée et peu efficace, ou performante tout en se sentant épuisée.
Le vocabulaire scientifique distingue précisément plusieurs dimensions que l’expression quotidienne tend à confondre.
L’éveil, ou arousal, correspond au niveau général d’alerte et de réceptivité de l’organisme. Une diminution de l’éveil peut ralentir le traitement des informations et rendre la vigilance plus instable. Une activation excessive peut, à l’inverse, favoriser la tension, la précipitation ou la désorganisation.
L’activation comportementale concerne davantage le passage entre l’intention et l’action. Une personne peut comprendre ce qu’elle doit faire, reconnaître l’importance de la tâche et rester pourtant incapable de produire le premier geste.
La motivation renvoie à la valeur attribuée à un but et à la tendance à s’en approcher. Cette valeur dépend du bénéfice attendu, mais aussi de son délai, de sa probabilité et de l’expérience antérieure de la personne.
La persistance désigne la possibilité de maintenir l’action dans le temps. Elle ne se confond pas avec son initiation. Certains commencent difficilement mais poursuivent ensuite longtemps, tandis que d’autres démarrent aisément et interrompent rapidement leur effort.
L’effort correspond à la mobilisation du contrôle, de l’attention ou de la persistance que la personne accepte ou parvient à investir. Il comporte une dimension subjective, mais peut également être étudié à partir des choix, du temps de persistance ou de certaines réponses physiologiques.
La fatigue est elle-même plurielle. Elle peut désigner une sensation de lassitude, une augmentation de la pénibilité, un besoin de s’interrompre ou une diminution effective de la performance.
La vitalité subjective, enfin, correspond au sentiment de se sentir vivant, disponible et intérieurement porté vers l’action.

En 2006, Patrick O’Connor a proposé, dans la revue Nutrition Reviews, de définir l’énergie mentale à partir de trois composantes : l’état affectif associé à la vigueur ou à la fatigue, la motivation à agir et certains aspects de la cognition, comme la vigilance. Cette proposition possède un intérêt méthodologique, puisqu’elle permet de construire des mesures. Elle montre également la difficulté du concept : l’énergie mentale apparaît déjà comme l’assemblage de plusieurs dimensions qui peuvent varier séparément.

Le mot « énergie » semble donc fonctionner comme un terme parapluie. Il permet de parler rapidement d’une expérience globale, mais risque de masquer des différences essentielles pour comprendre ce qui rend l’action possible ou impossible.
Comment la batterie intérieure est devenue une théorie
La représentation énergétique de la vie mentale ne date pas du vocabulaire contemporain du bien-être. Elle traverse l’histoire de la psychologie.
Dans les modèles psychanalytiques, l’énergie psychique pouvait être investie, déplacée, accumulée, liée ou déchargée. Cette conception s’est développée dans un contexte intellectuel marqué par la physiologie et la physique du XIXᵉ siècle. Elle cherchait à penser la vie mentale sur le modèle de tensions et de forces en transformation.
L’énergie psychique ne correspondait cependant pas à une grandeur directement mesurée. Elle constituait un appareil théorique destiné à représenter les conflits, les investissements et les processus défensifs.
Une forme expérimentale plus récente de cette idée apparaît dans les recherches sur l’épuisement de l’ego. Le modèle proposé à la fin du XXᵉ siècle envisageait l’autorégulation comme une force limitée. Résister à une tentation, inhiber une réponse ou contrôler une émotion devait consommer une ressource générale, laissant temporairement moins de capacité pour une tâche ultérieure.
L’une des expériences les plus connues dans ce domaine a été publiée en 1998 dans le Journal of Personality and Social Psychology par Roy Baumeister, Ellen Bratslavsky, Mark Muraven et Dianne Tice, alors chercheurs à la Case Western Reserve University, dans l’Ohio.
Soixante-sept étudiants participent à l’étude. Une partie d’entre eux entre dans une pièce où se trouvent des cookies au chocolat fraîchement cuits, des chocolats et des radis. Vingt-deux participants doivent manger uniquement les radis tout en résistant aux pâtisseries. Vingt et un peuvent manger les chocolats. Un troisième groupe de vingt-quatre personnes ne reçoit aucune consigne alimentaire et passe directement à l’étape suivante.
Les participants doivent ensuite essayer de résoudre des puzzles géométriques qui sont, à leur insu, insolubles. Les chercheurs mesurent le temps écoulé avant l’abandon et le nombre de tentatives. La persistance est ainsi utilisée comme indicateur de la quantité de ressource autorégulatrice encore disponible.
Les participants ayant dû résister aux chocolats persistent en moyenne 8,35 minutes, contre environ 18,90 minutes pour ceux autorisés à en manger et 20,86 minutes pour le groupe contrôle. Le groupe « radis » effectue également moins de tentatives : 19,40 en moyenne, contre 34,29 dans le groupe « chocolat ». La différence entre ces deux groupes est importante et statistiquement significative.
Les auteurs interprètent ces résultats comme la conséquence d’un épuisement préalable. La première tâche d’autocontrôle aurait diminué la ressource disponible pour tolérer ensuite la frustration produite par les puzzles.
L’expérience a fortement marqué la psychologie sociale parce qu’elle donnait une forme expérimentale à une expérience intuitive : après avoir beaucoup résisté ou s’être beaucoup contrôlé, il semble plus difficile de continuer.
Il faut pourtant regarder attentivement ce qui a réellement été mesuré. Les chercheurs observent une différence de persistance. La ressource générale, elle, n’est jamais directement observée. Son existence est inférée à partir du comportement.
Plusieurs mécanismes auraient pu contribuer aux résultats : une humeur plus négative, une diminution de la motivation, une réaction à la contrainte expérimentale, une baisse du sentiment d’efficacité ou une moindre disposition à se conformer à une nouvelle demande. Ces hypothèses ne rendent pas le résultat initial insignifiant. Elles montrent qu’une différence de comportement n’identifie pas à elle seule le mécanisme qui l’a produite.
La question a pris une importance particulière lorsque la psychologie a commencé à examiner plus systématiquement la reproductibilité de ses résultats.
En 2016, Martin Hagger et Nikos Chatzisarantis ont coordonné une réplication préenregistrée impliquant 23 laboratoires et 2 141 participants. L’étude, publiée dans Perspectives on Psychological Science, utilisait un protocole standardisé de tâches successives.
Les participants réalisaient d’abord un exercice de biffage de lettres comportant des règles d’inhibition plus ou moins exigeantes. Ils effectuaient ensuite une tâche informatisée d’interférence destinée à évaluer les performances sous contrôle cognitif.
L’intérêt de cette réplication tenait à sa méthode. Le protocole et les analyses avaient été définis à l’avance. Les différents laboratoires appliquaient une procédure commune. La publication ne dépendait pas de l’obtention d’un résultat positif, ce qui limitait certains biais susceptibles d’amplifier artificiellement les effets dans la littérature.
La taille d’effet globale observée était de d = 0,04, avec un intervalle de confiance à 95 % allant de −0,07 à 0,15. La différence entre les conditions n’était pas statistiquement significative, avec p = 0,443.
La première tâche exigeante était pourtant bien perçue comme plus difficile, plus frustrante et demandant davantage d’effort. Les tailles d’effet atteignaient d = 1,91 pour la difficulté perçue, d = 0,82 pour la frustration et d = 0,86 pour l’effort. L’expérience subjective de la contrainte était donc très nette. Elle ne se traduisait simplement pas par la diminution attendue des performances dans la tâche suivante.

Cette étude n’a pas établi que l’effort antérieur n’influence jamais une activité ultérieure. Elle n’a pas davantage invalidé chacune des expériences publiées sur le sujet. Elle a cependant fortement fragilisé la version la plus générale du modèle : celle d’une ressource commune qui serait consommée par différentes tâches d’autocontrôle et dont la diminution produirait un effet reproductible sur les performances suivantes.
La critique a également porté sur l’hypothèse selon laquelle le glucose serait le carburant direct de cette ressource autorégulatrice. Le cerveau dépend évidemment du glucose, mais les variations métaboliques associées à une courte tâche de contrôle ne semblent pas permettre d’expliquer simplement les variations de volonté ou de persistance. Là encore, une dépendance biologique réelle avait été transformée trop rapidement en mécanisme psychologique spécifique.
La trajectoire de l’épuisement de l’ego me paraît intéressante au-delà du débat qui entoure encore ce champ. Elle montre avec quelle facilité une métaphore peut devenir une entité théorique, puis une explication apparemment concrète. Nous ressentons un coût. Nous observons parfois une baisse de persistance. L’image de la batterie rassemble ces éléments dans un récit cohérent, sans que la ressource supposée ait été directement identifiée.
La fatigue n’est pas la lecture d’une jauge
Les recherches contemporaines sur la fatigue conduisent à distinguer l’expérience subjective de la modification objective des performances.
La fatigue perçue correspond au sentiment de lassitude, d’épuisement ou d’augmentation de la pénibilité. Elle peut s’accompagner d’un désir de faire une pause, de changer d’activité ou de cesser l’effort.
La fatigabilité désigne une modification mesurable au cours de l’activité : ralentissement, augmentation des erreurs, perte de stabilité, diminution de la force ou difficulté croissante à maintenir une réponse.
Ces deux dimensions ne varient pas toujours ensemble. Une personne peut se sentir épuisée sans présenter de diminution majeure de sa performance. Une autre peut perdre progressivement en précision tout en rapportant peu de fatigue.
La compensation contribue à expliquer une partie de cette dissociation. Pour maintenir une performance stable, la personne peut augmenter son effort, son contrôle, sa vigilance, sa tension ou le nombre de vérifications. Le résultat observable ne change pas, tandis que le coût subjectif devient plus important.
Cette distinction possède des implications cliniques assez directes. Une personne peut réussir à travailler, à gérer son quotidien et à maintenir une apparence de fonctionnement satisfaisant, tout en consacrant à ces activités un effort considérable. L’absence d’échec visible ne permet pas de conclure à l’absence de fatigue. Elle peut être le produit d’une compensation devenue très coûteuse.
À l’inverse, la fatigue ressentie ne représente pas une mesure directe de ce qui reste disponible. Elle dépend du sommeil et de l’état physique, mais également de l’ennui, de l’intérêt, du contrôle perçu, des émotions, de la récompense attendue, de l’effort compensatoire et des autres activités possibles.
Il arrive ainsi qu’une personne se sente incapable de poursuivre une tâche répétitive, puis retrouve rapidement une importante capacité d’action lorsqu’un événement urgent ou stimulant apparaît. Une batterie physique ne se recharge pas en quelques secondes. La mobilisation psychologique peut pourtant changer presque immédiatement.
Une telle variation devient plus compréhensible lorsque la fatigue est envisagée comme une expérience participant à la régulation de l’activité. Elle peut signaler qu’un effort devient coûteux, qu’une stratégie fonctionne mal, qu’une pause est nécessaire ou qu’une autre possibilité semble plus avantageuse. Cette fonction n’exclut pas l’existence de limites biologiques. Elle permet simplement de ne pas réduire chaque sensation de fatigue à la mesure passive d’un stock restant.
Trouver le bon état plutôt qu’augmenter l’énergie
Les modèles de l’éveil et de l’activation proposent une autre manière de penser la disponibilité à agir.
Robert Thayer a notamment distingué deux dimensions : l’activation énergétique, située approximativement entre la somnolence et la vigueur, et l’activation tendue, qui s’étend du calme à la tension.
Cette distinction rend compte de situations dans lesquelles une personne se trouve à la fois épuisée et fortement activée. Elle peut être nerveuse, agitée, accélérée, incapable de se détendre, tout en éprouvant très peu de vitalité. L’intensité de l’activation ne garantit donc ni l’efficacité ni le sentiment d’être disponible.
Le modèle cognitivo-énergétique, issu des travaux de Sanders et développé notamment par Joseph Sergeant, distingue plusieurs niveaux du fonctionnement : les opérations cognitives proprement dites, l’éveil, l’activation préparatoire à la réponse, l’effort et les mécanismes de supervision exécutive.
L’éveil prépare le système à recevoir et à traiter les informations. L’activation prépare davantage la réponse et la mise en action. L’effort contribue à ajuster ces états aux exigences de la tâche et peut permettre de compenser temporairement un niveau de mobilisation inadapté.
L’intérêt de cette approche réside dans la distinction entre une capacité et la possibilité de la mobiliser dans une situation déterminée. Une personne peut posséder les compétences nécessaires tout en ayant du mal à atteindre ou à maintenir l’état requis pour les utiliser.
Une mauvaise performance peut ainsi renvoyer à une mobilisation insuffisante, à une activation trop faible ou excessive, à une difficulté à maintenir cet état, ou encore à une compensation dont le coût ne peut plus être soutenu.
Le niveau favorable dépend par ailleurs de la tâche. Une activité monotone, lente et répétitive n’exige pas le même état qu’une situation urgente, nouvelle ou fortement stimulante. Davantage d’activation ne constitue pas toujours une amélioration. Une activation trop élevée peut désorganiser le contrôle fin, tandis qu’une activation trop faible rend difficile la vigilance et l’engagement.
L'approche est alors moins quantitative. Elle consiste à comprendre dans quel état se trouve la personne, quel état l’action exige et par quels moyens l’écart entre les deux peut être réduit.
Pourquoi certaines activités nous épuisent et d’autres nous portent
La notion de vitalité subjective permet d’introduire une autre distinction, particulièrement importante pour la suite du raisonnement.
En 1997, Richard Ryan et Christina Frederick ont publié dans le Journal of Personality un ensemble de six études consacrées au sentiment de vitalité. Les auteurs définissent celle-ci comme l’expérience consciente de se sentir vivant et de disposer d’un élan vers l’action.
Leur démarche ne cherche pas à mesurer une quantité cachée. Elle examine ce que les personnes rapportent et les relations entre cette expérience, le bien-être, certains états corporels et la qualité de la motivation.
La vitalité est notamment associée à une motivation plus autonome, c’est-à-dire à des activités que la personne reconnaît davantage comme choisies, investies ou cohérentes avec ses aspirations. Elle diminue dans certains contextes de contrainte ou lorsque l’activité paraît étrangère à ce qui compte pour la personne.
Ces résultats doivent être interprétés avec prudence. Une association entre autonomie et vitalité ne démontre pas qu’un mécanisme unique relie toujours les deux. Elle indique néanmoins que le sentiment d’être énergique dépend en partie de la relation entre la personne et son activité.
Une activité exigeante peut soutenir la vitalité lorsqu’elle est choisie, investie et porteuse de sens. À l’inverse, une situation objectivement peu exigeante peut laisser une personne vidée lorsqu’elle est vécue comme contrainte, vaine ou sans prise possible.
Nous rencontrons ici l’une des limites centrales de la métaphore de la batterie. Si toute activité constitue uniquement une dépense, une activité longue et intense devrait nécessairement nous diminuer davantage qu’une activité brève et simple. Or l’expérience montre souvent une organisation plus complexe.
Une journée consacrée à une création, une rencontre importante, une activité physique ou un projet personnel peut laisser une fatigue réelle et, simultanément, une impression de vitalité accrue. La personne est fatiguée, mais elle ne se sent pas nécessairement diminuée. À l’inverse, une succession de petites contraintes administratives peut demander peu d’énergie métabolique tout en produisant un sentiment d’appauvrissement et de dispersion.
Le contraire de la fatigue ne semble donc pas toujours être le repos. La vitalité, la vigilance, la performance et la récupération désignent des dimensions différentes.
L’effort comme calcul de valeur et d’efficacité
Les modèles contemporains du contrôle cognitif permettent d’aller plus loin. Ils décrivent l’effort moins comme une substance consommée que comme un coût associé à la mobilisation du contrôle.
En 2013, Amitai Shenhav, Matthew Botvinick et Jonathan Cohen (pas le même que celui auquel vous pensez !) ont proposé, dans la revue Neuron, le modèle de la valeur attendue du contrôle. Selon cette approche, le système doit déterminer quelle action contrôler, avec quelle intensité et pour quel bénéfice attendu.

L’investissement dépendrait notamment de la valeur du résultat, de la probabilité de l’obtenir, de l’efficacité attendue du contrôle et du coût associé à sa mobilisation.
Un objectif peut être très important sans produire une mobilisation immédiate lorsque ses conséquences restent lointaines, abstraites ou incertaines. De même, la personne peut désirer fortement un résultat tout en estimant que ses efforts auront peu d’effet.
Cette dernière dimension me paraît souvent sous-estimée. L’action dépend de ce que l’on souhaite obtenir, mais aussi de la croyance selon laquelle l’effort permettra réellement de l’obtenir. Une histoire répétée d’échecs, d’actions peu récompensées ou de contraintes incontrôlables peut diminuer l’investissement du contrôle, même lorsque le but conserve une grande valeur déclarée.
La difficulté à agir ne traduit donc pas toujours un manque de désir ou de ressources. Elle peut renvoyer à une faible efficacité attendue : le résultat compte, mais le chemin qui y conduit paraît trop incertain, trop coûteux ou insuffisamment dépendant de ce que la personne fera.
La même année, Robert Kurzban, Angela Duckworth, Joseph Kable et Justus Myers ont proposé dans Behavioral and Brain Sciences un modèle fondé sur le coût d’opportunité.
Maintenir son contrôle sur une tâche empêche temporairement de l’utiliser pour d’autres activités. L’effort subjectif pourrait alors refléter en partie la valeur des possibilités auxquelles la personne renonce en restant concentrée sur ce qu’elle fait.
Une tâche devient plus difficile à soutenir lorsque d’autres actions paraissent plus intéressantes, plus urgentes ou associées à une récompense plus immédiate. Le coût ne provient pas uniquement de la tâche elle-même. Il dépend aussi des possibilités concurrentes.

Cette perspective permet de comprendre pourquoi une activité simple peut parfois paraître presque impossible, tandis qu’une autre, objectivement plus complexe, mobilise immédiatement la personne. La seconde peut présenter davantage de valeur, une récompense plus proche, une efficacité plus lisible ou moins de conflit avec les autres possibilités disponibles.
Ces modèles restent théoriques et n’épuisent pas la question de l’effort. Ils montrent néanmoins que la mobilisation ne dépend pas uniquement de ce que l’individu possède intérieurement. Elle se construit dans un arbitrage entre la valeur, le coût, l’efficacité attendue, la temporalité et les alternatives.
Le sentiment d’énergie comme estimation
Les approches allostatiques et interoceptives déplacent encore la réflexion.
L’homéostasie concerne le maintien de certains états physiologiques dans des limites compatibles avec le fonctionnement de l’organisme. L’allostasie insiste davantage sur l’anticipation. L’organisme ne se contente pas de corriger les déséquilibres une fois qu’ils sont apparus. Il prépare ses réponses en fonction des besoins qu’il prévoit.
Avant ou pendant un effort, le débit cardiaque augmente. Un organisme recherche de l’ombre avant d’atteindre une température critique. Le comportement s’organise continuellement à partir d’exigences futures, plus ou moins bien anticipées.
Dans cette perspective, le sentiment d’avoir de l’énergie pourrait correspondre en partie à une estimation de la capacité à supporter une action, à maintenir les états internes nécessaires et à retrouver ensuite un équilibre satisfaisant.
Cette estimation n’est pas une lecture exacte et consciente des réserves. Elle se construit à partir de l’état corporel, des signaux interoceptifs, de l’expérience passée et de ce que la personne anticipe.
En 2016, Klaas Stephan et ses collègues ont proposé, dans Frontiers in Human Neuroscience, la théorie de l’efficacité allostatique perçue. La fatigue pourrait apparaître lorsque le système estime qu’il contrôle mal ses propres états, que ses réponses ont peu d’effet ou qu’il ne pourra pas satisfaire les exigences présentes et futures.
Ce modèle cherche à articuler physiologie, expérience subjective et croyances métacognitives. Il reste en développement et ne constitue pas une explication définitivement établie de la fatigue. Son intérêt est qu'il permet de penser l’énergie ressentie comme une estimation de la possibilité d’agir, plutôt que comme une mesure directe d’un stock.
L’expérience passée prend alors une place importante. Un effort qui a régulièrement conduit à un résultat peut paraître plus soutenable qu’un effort associé à l’imprévisibilité, à l’échec ou à l’absence de contrôle. Deux actions physiquement comparables peuvent ainsi produire des anticipations très différentes.
L’énergie n’est pas entièrement contenue dans l’individu
Les approches énactives invitent à prendre au sérieux une autre évidence : une action devient possible ou impossible dans un environnement.
Sanneke de Haan propose, dans Enactive Psychiatry, d’articuler les dimensions physiologique, expérientielle, sociale et existentielle. Le fonctionnement psychologique ne peut être entièrement compris en isolant un mécanisme cérébral de la situation dans laquelle la personne agit.
Une tâche devient plus accessible lorsqu’elle est clairement définie, qu’un premier geste se présente, qu’un outil est disponible, que quelqu’un accompagne l’action ou que le contexte produit un rythme. Elle peut devenir très difficile lorsque les attentes restent vagues, que les conséquences sont lointaines, que plusieurs contraintes se contredisent ou que les possibilités d’action sont difficilement repérables.

Une personne peut ainsi se sentir incapable d’agir dans un environnement, puis immédiatement mobilisée dans un autre, sans modification importante de ses ressources biologiques. Ce qui a changé concerne parfois l’accessibilité de l’action, sa signification, le sentiment de contrôle, la relation aux autres ou l’organisation concrète de la situation.
Les approches en réseau permettent de formuler une hypothèse voisine. Au lieu de supposer qu’une variable cachée appelée « énergie » provoque l’ensemble des manifestations, elles examinent les interactions entre plusieurs processus.
Le sommeil influence l’humeur et la vigilance. L’humeur modifie la valeur attribuée aux activités. Cette valeur agit sur l’engagement. L’engagement transforme les occasions de réussite et le sentiment d’efficacité. Le stress affecte le sommeil et augmente certains coûts anticipés. L’activité physique peut modifier la vigilance, tandis que les expériences d’échec transforment les attentes associées aux actions futures.
Le sentiment global d’énergie peut émerger de cette organisation sans qu’une substance unique soit nécessaire pour l’expliquer.
Cette lecture possède un intérêt clinique. Elle évite de demander uniquement à la personne combien d’énergie elle possède. Elle conduit à examiner comment le système est actuellement organisé, quels processus s’entretiennent mutuellement et quelles modifications pourraient rendre certaines actions plus accessibles.
Trois « énergies » qu’il vaut mieux distinguer
La présence du même mot dans plusieurs domaines peut donner l’impression qu’ils décrivent une seule réalité.
L’énergie métabolique correspond aux transformations physiques réelles qui permettent à l’organisme de fonctionner. Elle peut être mesurée et appartient au domaine de la physiologie et de la physique.
L’énergie psychique, dans les modèles psychanalytiques historiques, désigne une construction théorique permettant de représenter l’investissement, l’accumulation ou la décharge de forces mentales. Elle n’est pas une énergie physique mesurée.
L’énergie libre, dans les modèles du traitement prédictif et de l’inférence active, est une quantité mathématique utilisée pour décrire l’ajustement des croyances ou des prédictions d’un système. Elle ne désigne ni la fatigue, ni la vitalité, ni une réserve de volonté.
Ces niveaux peuvent faire l’objet de tentatives d’articulation. Leur proximité lexicale ne suffit pas à les rendre équivalents.
Ce que la métaphore de la conservation nous fait perdre
La représentation de la batterie intérieure n’est pas seulement imparfaite sur le plan scientifique. Elle peut aussi orienter silencieusement notre manière de penser une vie souhaitable.
Si l’existence est conçue avant tout comme une gestion de ressources, chaque activité prend la forme d’un coût. La bonne organisation consisterait à limiter les dépenses, à prévenir toute baisse de la réserve et à maintenir un niveau aussi stable que possible.
La fatigue risque alors d’être interprétée comme un échec de gestion. La personne se serait trop engagée, aurait mal réparti ses forces ou n’aurait pas suffisamment protégé ses ressources.
Cette logique prend parfois une forme morale. Lorsqu’une personne ne parvient pas à agir pour une tâche et reste capable de se mobiliser ailleurs, son manque d’énergie paraît suspect. Puisqu’elle peut agir dans un domaine, elle devrait pouvoir le faire dans les autres. Sa variabilité devient une preuve d’inconstance, de confort ou de mauvaise volonté.
Les modèles examinés conduisent à une lecture plus complexe. La disponibilité à agir dépend de l’état corporel, mais également de la valeur de l’action, du délai des conséquences, de l’efficacité attendue, des possibilités concurrentes, de l’état d’activation, du contexte et du sens attribué à ce que l’on fait.
Le repos demeure évidemment nécessaire. Le sommeil, la récupération physique et la diminution de certaines exigences peuvent restaurer la vigilance, réduire la fatigabilité et rendre l’action à nouveau possible. Une critique simpliste de la métaphore énergétique pourrait conduire à sous-estimer les besoins corporels, ce qui serait une erreur symétrique.
Cependant, la réduction de toute dépense ne produit pas nécessairement une existence plus vivante. Certaines formes de retrait nous protègent temporairement tout en réduisant progressivement notre espace d’action. Elles diminuent l’exposition aux difficultés, mais aussi les occasions d’apprendre, de créer, de rencontrer ou de transformer ce qui nous contraint.
Inversement, certaines activités nous fatiguent réellement et augmentent pourtant notre capacité future à agir. Un entraînement, une création, un engagement relationnel ou un projet difficile peuvent demander beaucoup, tout en développant une compétence, une confiance, une relation ou une œuvre.

La fatigue immédiate ne suffit donc pas à déterminer la valeur d’une activité. Une activité peu coûteuse n’est pas nécessairement bonne. Une activité exigeante n’est pas nécessairement appauvrissante.
Cette distinction entre dépenses stériles et dépenses fécondes ne provient pas directement d’une catégorie validée par la psychologie scientifique mais j'en fais la proposition pour orienter facilement la clinique.
Une dépense pourrait être dite stérile lorsqu’elle impose un coût important sans produire d’ouverture durable, sans augmenter le sentiment d’efficacité, l’autonomie, les compétences ou les possibilités futures. Une dépense féconde peut être pénible, tout en permettant la création de quelque chose qui accroît ensuite la puissance d’agir.
Cette différenciation ne doit pas devenir un nouveau classement rigide. Une même activité peut être féconde à un moment et devenir stérile lorsqu’elle se prolonge, se répète ou perd son sens. Le travail créatif peut développer les capacités, puis les désorganiser lorsqu’il devient compulsif. Le retrait peut diminuer une personne, ou constituer au contraire la condition nécessaire pour reconstruire un rapport possible au monde.
L’enjeu consiste donc moins à abolir la fatigue qu’à comprendre ce qu’elle accompagne et ce que l’effort est en train de produire.
La psychologie peut nous aider à décrire les conditions de la mobilisation, de la fatigue et de la persistance. Elle ne peut pas décider seule de ce pour quoi il vaut la peine de se fatiguer. Cette question engage une hiérarchie de valeurs, un rapport au risque, au confort, à la création et à ce que chacun souhaite rendre possible dans son existence.
Donner une architecture à ses forces
L’énergie psychologique ne semble pas constituer une grandeur générale comparable à l’énergie physique. Le mot rassemble des dimensions distinctes, notamment l’éveil, l’activation, la vitalité, la motivation, l’effort, la persistance et la fatigue, dont les relations varient selon les personnes et les situations.
Une définition prudente pourrait consister à parler d’une expérience globale produite par l’interaction entre l’état corporel, l’éveil, la motivation, les émotions, la fatigue, le coût de l’effort et les possibilités d’action offertes par le contexte.
Cette formulation conserve l’utilité descriptive du mot sans le transformer en cause cachée.
Lorsqu’une personne dit manquer d’énergie, il devient alors possible de préciser ce qui se joue. L’éveil est-il insuffisant ? La tâche manque-t-elle de valeur immédiate ? Le premier geste est-il difficile à identifier ? L’effort paraît-il inefficace ? La personne maintient-elle déjà son fonctionnement au prix d’une compensation importante ? D’autres possibilités captent-elles davantage l’attention ? L’environnement soutient-il l’action ou la rend-il inutilement difficile ?
Ces questions ne contestent pas l’expérience de la personne. Elles permettent au contraire de lui donner une structure et d’éviter qu’elle soit rabattue sur un défaut de volonté.
L’enjeu ne devrait peut-être pas être de devenir un sujet parfaitement régulier, productif et capable de mobiliser ses capacités sur commande. Il ne consiste pas davantage à conserver indéfiniment ses forces, comme s’il était possible de vivre sans les exposer à aucune dépense.
Il s’agit plutôt de leur donner une architecture : repérer ce qui les disperse, modifier les situations qui rendent l’action inutilement coûteuse, construire les appuis nécessaires et choisir avec davantage de lucidité les efforts auxquels accorder une place.
Le TDAH adulte rend ces questions particulièrement visibles. Une personne peut avoir compris ce qu’elle doit faire, disposer des compétences nécessaires, attribuer de l’importance à l’objectif et rester pourtant incapable de mobiliser son action au moment prévu. Elle peut ensuite investir un effort considérable dans une autre activité.
La batterie intérieure explique mal une telle variabilité. L’examen de l’activation, de la temporalité des récompenses, de l’efficacité attendue, du coût d’opportunité, de la compensation et du contexte offre une lecture plus précise.
Ce sera l’objet du second article.
Voici une manière de représenter ce que j’appellerai, dans cet article, l’architecture des forces* :
*Ce simulateur ne mesure pas votre énergie réelle. Il propose une représentation pédagogique des conditions qui peuvent soutenir, freiner ou transformer l’action.
Sources principales
Baumeister, R. F., Bratslavsky, E., Muraven, M., et Tice, D. M. (1998). Ego depletion: Is the active self a limited resource? Journal of Personality and Social Psychology, 74(5), 1252-1265.
de Haan, S. (2020). Enactive Psychiatry. Cambridge University Press.
Enoka, R. M., et Duchateau, J. (2016). Translating fatigue to human performance. Medicine & Science in Sports & Exercise, 48(11), 2228-2238.
Hagger, M. S., Chatzisarantis, N. L. D., et collaborateurs. (2016). A multilab preregistered replication of the ego-depletion effect. Perspectives on Psychological Science, 11(4), 546-573.
Kurzban, R., Duckworth, A. L., Kable, J. W., et Myers, J. (2013). An opportunity cost model of subjective effort and task performance. Behavioral and Brain Sciences, 36(6), 661-679.
O’Connor, P. J. (2006). Mental energy: Developing a model for examining nutrition-related claims. Nutrition Reviews, 64(7), S2-S6.
Ryan, R. M., et Frederick, C. (1997). On energy, personality, and health: Subjective vitality as a dynamic reflection of well-being. Journal of Personality, 65(3), 529-565.
Sergeant, J. A. (2000). The cognitive-energetic model: An empirical approach to attention-deficit hyperactivity disorder. Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 24(1), 7-12.
Shenhav, A., Botvinick, M. M., et Cohen, J. D. (2013). The expected value of control: An integrative theory of anterior cingulate cortex function. Neuron, 79(2), 217-240.
Stephan, K. E., Manjaly, Z. M., Mathys, C. D., et collaborateurs. (2016). Allostatic self-efficacy: A metacognitive theory of dyshomeostasis-induced fatigue and depression. Frontiers in Human Neuroscience, 10, 550.




Commentaires