L’homme, un animal domestique ? Partie 1 — Ce que la cage fait aux animaux
Avant de regarder l’animal, regardons la cage
Dans Ainsi parlait Zarathoustra, Nietzsche fait dire à son personnage que l’homme est "le meilleur animal domestique". La formule frappe par le renversement qu’elle opère. Ce que nous appelons civilisation peut aussi être envisagé comme une longue histoire de sélection des conduites acceptables, d’aménagement des désirs et de réduction des écarts. Avant d’en venir à l’être humain, partons d’une question plus modeste : que se passe-t-il lorsqu’un animal est placé dans un monde qui lui donne de quoi survivre, tout en lui retirant une partie des actions grâce auxquelles sa vie prenait forme ?
Imaginons un félin qui marche le long d’une vitre. Il atteint l’angle, tourne, revient. Même distance, même demi-tour, même cadence. Un visiteur dira qu’il s’ennuie. Un autre qu’il est fou. Un troisième verra surtout un animal "visible", ce qui suffit parfois à considérer la sortie comme réussie. Pourtant, ce mouvement répété permet de se demander : à quelles conduites cet organisme est-il préparé, et lesquelles ce milieu lui permet-il encore d’accomplir ?
Les mètres carrés ne décrivent qu’une partie de la cage. Il faut aussi regarder les verbes d'action qu’elle rend possibles : poursuivre, chercher, flairer, choisir, éviter, se cacher, s’éloigner, rejoindre, interrompre une interaction, modifier un trajet, attendre le bon moment. Deux enclos de même superficie peuvent ainsi constituer deux mondes très différents. Dans le premier, tout arrive à heure fixe et depuis le même endroit. Dans le second, l’animal doit explorer, peut se soustraire au regard, choisir entre plusieurs zones et agir sur certains aspects de son environnement.
Déplacer ainsi le regard ne suppose pas de prêter à l’animal une psychologie humaine. Il s’agit de décrire la relation entre un organisme et les possibilités d’action offertes par son milieu. S’interroger sur ce qui se passe dans sa tête reste légitime, à condition d’examiner aussi ce qu’il peut encore faire et ce qu’il en vient à répéter lorsqu’une séquence d’action ne peut plus aboutir.

Quand un comportement devient-il anormal ?
Les éthologues parlent de comportements répétitifs anormaux ou de stéréotypies pour désigner des séquences répétées, relativement invariantes, qui paraissent sans but immédiat dans le contexte où elles sont observées. Chez les carnivores, il peut s’agir d’allers-retours le long d’une clôture. Chez les primates, on observe des balancements, des rotations, des gestes auto-dirigés ou des parcours répétés. D’autres animaux mordent les barreaux, lèchent une surface, mâchonnent à vide ou exécutent inlassablement la même chaîne motrice.
Le mot anormal est piégeux. Selon les cas, il peut désigner ce qui est rare, statistiquement inhabituel, inadapté au contexte, dommageable ou révélateur d’une difficulté. Or ces significations ne se recouvrent pas. Un comportement rare n’est pas nécessairement pathologique, tandis qu’une conduite fréquente peut être très coûteuse. Ce qui nous paraît surprenant peut même correspondre à une adaptation ingénieuse. Pour comprendre sa portée, il faut donc rechercher ce qui l’a déclenché, ses effets à court terme, son coût à long terme, son degré de flexibilité et les alternatives dont l’animal dispose encore.
Une stéréotypie ne permet pas à elle seule de poser un diagnostic. Elle ne correspond pas davantage à un simple tic dépourvu de sens. Elle indique qu’une histoire s’est construite entre un organisme et un milieu. Cette histoire peut appartenir au passé, car le comportement persiste parfois après l’amélioration des conditions de vie. Elle peut également être en train de se poursuivre : une motivation forte ne trouve aucune issue, un stimulus revient sans résolution ou la répétition procure un apaisement transitoire.
Dès 1991, Georgia Mason proposait de comprendre ces conduites en reliant leur forme à leurs causes, à leurs mécanismes et à leurs conséquences sur le bien-être. Treize ans plus tard, elle formule avec Nicky Latham une mise en garde devenue classique. Les stéréotypies constituent des signaux d’alerte, mais elles ne fonctionnent pas comme de simples thermomètres. Les conditions qui les provoquent sont généralement défavorables. Au sein d’un même milieu inadéquat, l’individu qui répète le plus n’est pourtant pas toujours celui qui va le plus mal. Le mouvement peut lui fournir une décharge, une stimulation ou une prévisibilité que son voisin immobile ne trouve pas. L’absence de stéréotypie ne garantit donc rien : elle peut aussi accompagner l’inhibition, l’épuisement ou une stratégie moins visible.
Deux conclusions apparemment évidentes deviennent alors intenables. La répétition ne suffit pas à déclarer un animal malade, tout comme son absence ne prouve pas qu’il va bien. Il faut replacer le comportement dans une configuration plus large, qui comprend la physiologie, l’histoire de vie, les relations sociales, les possibilités de choix et leur évolution dans le temps.
Une histoire de la protection : de la souffrance évitée à la vie rendue possible
En 1964, l’écrivaine britannique Ruth Harrison publie Animal Machines. Elle y décrit l’élevage intensif comme une organisation technique capable de produire des corps au risque d’oublier les vies auxquelles ces corps appartiennent. L’émotion publique conduit le gouvernement britannique à créer un comité présidé par le zoologiste Roger Brambell. Son rapport de 1965 avance une idée qui paraît aujourd’hui élémentaire, mais qui était alors décisive : un animal doit au moins disposer d’assez d’espace pour se lever, se coucher, se retourner, se toiletter et étendre ses membres.
Les « cinq libertés » émergeront de cette histoire : ne pas souffrir de faim et de soif ; ne pas subir d’inconfort ; être protégé de la douleur, des blessures et des maladies ; pouvoir exprimer les comportements propres à son espèce ; ne pas vivre dans la peur et la détresse. Elles élargissent profondément la manière de penser la protection animale. Nourrir et soigner ne suffisent plus. La conduite elle-même devient un besoin.
Les modèles contemporains du bien-être animal prolongent ce déplacement. Le modèle des Cinq Domaines, révisé notamment par David Mellor et ses collègues en 2020, distingue la nutrition, l’environnement physique, la santé, les interactions comportementales et l’état mental. Il évalue la réduction des expériences négatives, mais aussi les possibilités de rencontrer de la variété, d’exercer un contrôle, d’explorer, de s’engager et de vivre des expériences positives. Le bien-être dépend ainsi des prises que l’animal conserve sur le monde.

Les carnivores : la trace du territoire dans l’enclos
En 2003, Ros Clubb et Georgia Mason comparent 35 espèces de carnivores maintenues en captivité. Elles partent d’une question simple : les différences observées entre les espèces présentes dans les zoos peuvent-elles être reliées à leurs modes de vie dans la nature ?
Pour l’étudier, elles confrontent les données recueillies en captivité à plusieurs caractéristiques, dont l’étendue du domaine vital et les distances parcourues.
Le résultat porte sur des différences entre espèces et sur des associations statistiques. Il ne permet pas de conclure que chaque animal serait mécaniquement condamné par la taille moyenne du territoire de son espèce.
Un motif apparaît toutefois nettement : les carnivores dont la vie sauvage exige les plus grands déplacements tendent à présenter davantage d’allers-retours stéréotypés et, dans cette étude, une mortalité infantile plus élevée en captivité. L’animal arrive dans l’enclos avec une histoire évolutive faite de prospection, de poursuite, de dispersion et de contrôle d’un espace.
Une étude ultérieure, menée par Laura Kroshko et ses collègues sur 23 espèces, affine ce tableau. L’étendue du domaine vital et les distances de poursuite prédisent notamment la propension à tracer des parcours répétitifs. En revanche, tous les liens observés en 2003 ne sont pas reproduits, notamment celui qui concernait la mortalité des jeunes. C’est ainsi que progresse la science : de nouvelles données confirment certains résultats, tandis qu’elles en déplacent ou en limitent d’autres.
Ces comparaisons n’impliquent évidemment pas qu’un territoire sauvage puisse être reproduit à l’identique. Aucun enclos ne deviendra une toundra et aucun programme d’enrichissement ne rétablira toutes les incertitudes d’une chasse. Elles montrent que la superficie ne prend sens qu’à travers les fonctions qu’elle autorise. Pour une espèce, parcourir un kilomètre correspond à une suite d’informations recueillies, de décisions prises, de risques évalués et d’actions poursuivies ou interrompues. La dépense musculaire n’en constitue qu’une dimension.

Les primates : être entouré ne suffit pas
Les primates rendent visible une autre dimension de la cage : la qualité des relations. En 2011, Lucy Birkett et William McGrew Newton-Fisher rassemblent environ 1 200 heures d’observation de quarante chimpanzés répartis dans six zoos. Tous présentent au moins un comportement qualifié d’anormal. Chacun en manifeste au moins deux types, avec une médiane de cinq. L’essentiel de leur activité reste pourtant composé de comportements ordinaires pour l’espèce. Ces chimpanzés ne peuvent donc pas être réduits à leurs anomalies, même si quelque chose, dans leur histoire ou leurs conditions de vie, a laissé une marque très répandue.
Les différences entre individus sont considérables. Le milieu n’agit jamais sur une matière uniforme. Deux animaux confrontés à une contrainte comparable n’ont pas connu le même développement ni les mêmes expériences précoces. Leurs partenaires et leurs stratégies peuvent également différer. Une explication environnementale sérieuse doit rendre compte de cette rencontre entre un individu et son contexte.
Une enquête menée auprès de 362 macaques rhésus logés individuellement permet de mesurer le poids de cette histoire. Linda Lutz, Alison Well et Melinda Novak rapportent que 321 d’entre eux présentent au moins un comportement anormal, les allers-retours étant les plus fréquents. Le risque varie notamment selon l’âge du premier isolement, sa durée, l’élevage en nurserie et certaines procédures. L’animal que l’on observe aujourd’hui porte donc la mémoire de milieux antérieurs. Modifier son enclos peut être nécessaire sans suffire à effacer des apprentissages déjà consolidés.
Certaines conduites auto-dirigées permettent de pousser le raisonnement un peu plus loin. L’animal peut alors se mordre, se frapper, s’arracher les poils ou se lécher jusqu’à provoquer une lésion. Il serait imprudent d’attribuer une fonction unique à l’ensemble de ces comportements. Ils dépendent de l’histoire précoce, des apprentissages, de l’espèce, des conditions de logement et de plusieurs mécanismes neurobiologiques. Leur forme conduit toutefois à une hypothèse intéressante. Lorsque ses possibilités d’agir sur le monde se réduisent fortement, le corps peut devenir l’un des derniers éléments de la situation sur lesquels l’animal conserve une prise.
Il ne peut pas déplacer la clôture, modifier la composition de son groupe, faire cesser le bruit, choisir le moment d’une interaction ou créer lui-même une issue. Il peut encore gratter, tirer, mordre, lécher, répéter. Certaines conduites dirigées vers soi peuvent alors constituer des formes extrêmement pauvres de régulation ou de contrôle local. L’environnement n’explique pas à lui seul l’automutilation, et une telle réponse ne devient pas bénéfique pour autant. Mais une conduite apparemment tournée exclusivement vers l’individu peut aussi avoir une histoire relationnelle : ce que lanimal fait à son propre corps dépend parfois de ce qu’il ne peut plus faire ailleurs.
Enfin, vivre en groupe ne garantit pas une vie sociale satisfaisante. Une relation imposée, dont l’animal ne peut se retirer, peut devenir une contrainte. Un groupe instable n’offre pas la sécurité d’un groupe durable. Chez 89 éléphants suivis dans 39 zoos nord-américains, Shannon Greco et ses collègues associent les stéréotypies à plusieurs variables sociales et biographiques : les séparations, les transferts, le temps passé avec des congénères, la composition des groupes et les possibilités d’accès entre les espaces. Ces données observationnelles ne prouvent pas qu’un facteur isolé provoque à lui seul le comportement. Elles montrent cependant pourquoi la vie sociale doit être décrite à partir des choix possibles, de la continuité des relations, de la compatibilité entre les individus et de leurs possibilités de prendre de la distance. Compter le nombre d’animaux présents ne suffit pas.
Nourrir n’est pas laisser chercher
Un repas peut satisfaire un besoin énergétique tout en supprimant l’activité qui l’organiserait dans la nature. Chercher, trier, arracher, manipuler, poursuivre, attendre : la nourriture constitue le terme d’une séquence dont elle est aussi le moteur. Lorsque tout arrive au même endroit, à un moment prévisible et sous une forme rapidement consommable, des heures d’activité préparée par l’évolution restent sans objet.
En 2022, Katherine Lewis et ses collègues réunissent des données sur plus de 15 000 individus appartenant à 38 espèces d’ongulés et provenant de 95 sources. Ils les mettent ensuite en relation avec une vaste littérature consacrée aux comportements sauvages. Leur analyse tient compte des parentés entre espèces, afin de ne pas traiter des espèces proches comme si elles étaient indépendantes. Les conduites alimentaires apparaissent alors comme un facteur significatif. Les espèces qui broutent ou sélectionnent des aliments dispersés, ainsi que certaines organisations sociales, sont plus vulnérables aux stéréotypies lorsque le nourrissage réduit les occasions de chercher et de manipuler. Les régimes uniquement concentrés et l’absence de substrats disponibles à volonté sont également associés à davantage de comportements répétitifs.
L’enrichissement environnemental cherche à restituer des problèmes que l’animal peut résoudre : obtenir une nourriture cachée, explorer un nouvel objet, choisir un itinéraire, accéder à plusieurs zones, se soustraire, manipuler ou apprendre. Les synthèses montrent en moyenne une diminution des stéréotypies. L’étiquette enrichissement ne garantit pourtant pas l’intérêt du dispositif. Un objet déposé une fois, devenu rapidement prévisible, peut perdre sa valeur. Les aménagements les plus prometteurs sont généralement ceux qui offrent du choix, permettent d’exercer un contrôle et correspondent aux conduites propres à l’espèce. Il faut donc examiner les actions que l’animal peut désormais initier, poursuivre ou interrompre, plutôt que constater qu’un objet a été ajouté.
Pourquoi la répétition persiste
Supposons qu’un animal très motivé à explorer rencontre toujours la même limite. Il marche jusqu’à la clôture, tourne, revient. Le mouvement ne résout pas le problème, mais modifie momentanément son état : il produit de l’activité, canalise l’excitation et crée un rythme prévisible. Avec le temps, les indices associés au lieu et au moment peuvent déclencher eux-mêmes la séquence. L’action devient plus automatique. Même après une amélioration de l’environnement, les associations apprises et les habitudes motrices peuvent continuer à la maintenir.
Les modèles examinés par Vinken et ses collègues en 2023 distinguent plusieurs voies complémentaires : une motivation persistante qui ne trouve aucun débouché ; une prédisposition de l’espèce à certaines formes d’action ; un renforcement lié aux conséquences immédiates du comportement ; une automatisation qui rend progressivement la séquence moins sensible à son résultat initial. Ces mécanismes peuvent se combiner.
L’origine d’un comportement ne permet donc pas de déduire directement sa fonction actuelle. Une tentative de réponse à une contrainte peut, avec le temps, provoquer des lésions ou entraver d’autres activités. À l’inverse, une conduite qui paraît absurde à l’observateur peut encore diminuer l’activation, produire une sensation ou rendre le temps plus prévisible. Comprendre cette fonction ne rend pas le comportement souhaitable et ne fait pas disparaître la souffrance. Cette compréhension indique ce qui devra trouver une autre issue si l’on veut éviter de supprimer la seule forme de régulation encore disponible.

La captivité ne produit pas un effet unique
Il serait trompeur de parler de « l’effet de la captivité » au singulier. Dans leur revue de 2019, Clare Fischer et L. Michael Romero montrent que les réponses physiologiques varient selon les espèces, les individus, la durée et les conditions. La masse corporelle, les hormones liées au stress, l’immunité et la reproduction peuvent évoluer dans des directions différentes. Certains animaux s’ajustent, d’autres non. Une concentration élevée de glucocorticoïdes ne constitue pas la signature universelle d’un mal-être, pas plus qu’une valeur basse ne prouve la sérénité. Le stress aigu peut mobiliser l’organisme, tandis qu’une exposition chronique est susceptible de modifier les systèmes de régulation. Une réponse émoussée peut elle aussi apparaître après une exposition prolongée.
Cette hétérogénéité se retrouve dans les conduites visibles. Un milieu inadéquat n’entraîne pas systématiquement une augmentation du mouvement. Certains animaux répètent, s’agitent ou attaquent. D’autres réduisent leur activité, explorent moins et prennent moins d’initiatives. L’absence de comportement spectaculaire ne correspond donc pas à un état neutre. Une stéréotypie attire le regard parce qu’elle ajoute quelque chose au répertoire ; l’inhibition est plus difficile à remarquer parce qu’elle en retire.
Cette différence compte dans l’évaluation du bien-être. L’intensité des conduites visibles apporte une information, mais l’étendue des actions que l’animal peut encore initier en apporte une autre. La répétition et le retrait correspondent à deux trajectoires différentes face à la réduction des possibilités d’action. La souffrance peut se manifester par un comportement excessif comme par une diminution du possible.
Aucun biomarqueur ni aucun comportement ne peut alors servir de mesure souveraine. Une évaluation robuste doit croiser l’état du corps, les blessures et les maladies, le répertoire comportemental, les choix, les relations, la trajectoire développementale et les réactions aux changements du milieu. Cette pluralité correspond à la réalité d’organismes qui se régulent simultanément sur plusieurs plans.
Ce que la cage révèle
La cage rend d’abord visibles les possibilités qui ont disparu : poursuivre, refuser, choisir, s’éloigner, chercher, varier. Elle montre aussi les efforts de l’animal pour composer avec cette réduction. Certains apparaissent sous la forme d’une répétition, d’autres à travers le retrait. Ces observations font ressortir une erreur fréquente : attribuer entièrement à l’individu une conduite que sa relation avec le milieu contribue à fabriquer.
Le recours à un vocabulaire technique ne protège pas de cette erreur. Un comportement animal peut être psychiatrisé lorsqu’il est décrit comme une anomalie exclusivement interne. À l’autre extrême, il serait tout aussi trompeur d’imaginer que l’agrandissement de l’enclos suffirait à faire disparaître toute souffrance. Les organismes ont leurs vulnérabilités, leur histoire et leurs mécanismes propres. Les milieux modifient les voies par lesquelles ils peuvent se réguler, en les ouvrant, en les fermant ou en les déformant. Les données obligent à examiner leur rencontre.
Dans cette perspective, le symptôme peut correspondre au vestige d’une action qui ne parvient plus à aboutir, à une solution locale devenue rigide, à un signal tardif ou à plusieurs de ces processus simultanément. Il ne constitue ni un ennemi à éliminer ni un message dont le sens serait immédiatement accessible. Chercher à l’arrêter ne suffit pas. Il faut comprendre la boucle dans laquelle il s’inscrit, ce qu’il permet encore, ce qu’il coûte et les alternatives que le milieu peut réellement rendre possibles.
C’est à partir de là que la comparaison avec l’être humain devient féconde, à condition de ne pas transformer l’analogie en identité. Nos cages sont aussi faites de langage, de normes, d’horaires, de dettes, de liens, de récits et de futurs imaginés. Elles n’en sont pas moins matérielles. La seconde partie examinera ce que change, en psychopathologie, le fait de regarder la personne qui souffre en même temps que le monde dans lequel sa souffrance a pris forme et continue parfois d’avoir une fonction.





Commentaires