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TDAH adulte : Les différences de genre et leurs implications


Sommaire


1. Introduction



Imaginez Elios Viréo, un jeune homme de 25 ans, une véritable tornade humaine qui, malgré ses efforts, ne parvient jamais à ralentir. À ses côtés, Tala Nyra, son amie de toujours, lutte pour garder les pieds sur terre, constamment perdue dans ses pensées et incapable de se concentrer sur une tâche. Bienvenue dans le monde chaotique et fascinant du trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) chez les adultes.

Le TDAH, autrefois perçu comme un problème réservé aux enfants turbulents, est maintenant reconnu comme un trouble persistant tout au long de la vie. Les experts, après des décennies de recherche, s'accordent enfin à dire que ce n'est pas un phénomène éphémère de l'enfance, mais une réalité quotidienne pour beaucoup d'adultes (Barkley, 2015; Kessler et al., 2006). Mais ne vous y trompez pas, malgré cette reconnaissance croissante, nous ne sommes qu'au début de notre compréhension du fonctionnement du TDAH chez les adultes.


Cet article utilise volontairement des représentations stéréotypées et genrées du TDAH à travers les personnages de Elios et Tala afin de rendre le propos plus facile à comprendre. La réalité étant bien plus nuancée, évidemment.


Pour Elios et Tala, le TDAH ne se manifeste pas de la même manière. Elios est souvent un tourbillon d'énergie incontrôlable, impulsif et parfois même hyperactif, tandis que Tala se perd facilement dans ses pensées, comme si son esprit était en perpétuel voyage astral. Cette différence n'est pas qu'une question de personnalité, elle reflète des variations significatives dans la manière dont le TDAH affecte les hommes et les femmes. Comprendre ces différences de genre est crucial. Pourquoi ? Parce que sans cette compréhension, nous risquons de diagnostiquer et de traiter le TDAH de manière inappropriée, surtout chez les femmes, souvent sous-diagnostiquées parce que leurs symptômes sont plus subtils (Gershon, 2002b ; Hinshaw & Blachman, 2005).


Les différences de genre influencent également le fonctionnement dans diverses sphères de la vie : interactions sociales, performances scolaires et professionnelles, et relations personnelles (Zell, Krizan, & Teeter, 2015). Pour Tala, ses difficultés d'inattention peuvent affecter ses relations et sa carrière différemment de celles d'Elios, dont l'impulsivité peut créer d'autres types de défis.


Prêt à plonger dans ce monde déroutant ? Dans cet article, nous allons explorer ces différences de genre, découvrir comment elles influencent le diagnostic et le traitement du TDAH, et mettre en lumière les biais persistants dans la recherche.

 

2. Le TDAH : vue d'ensemble


Définition du TDAH


Imaginez un orchestre symphonique en pleine représentation. Chaque instrument doit jouer en harmonie pour créer une belle mélodie. Maintenant, imaginez que l’un des musiciens décide soudainement de jouer une tout autre partition, avec enthousiasme et sans aucun égard pour l’ensemble. Bienvenue dans l’esprit d’une personne avec TDAH.


Le trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) est un trouble neurodéveloppemental qui se caractérise par des niveaux persistants d'inattention, d'hyperactivité et d'impulsivité. Ces comportements sont disproportionnés par rapport au niveau de développement attendu et interfèrent avec le fonctionnement quotidien de l’individu (APA, 2013).

Elios, par exemple, peut être en train de travailler sur un projet important lorsqu’il se lève soudainement pour aller chercher un café, oubliant complètement qu'il vient tout juste de finir sa tasse. De son côté, Tala peut passer une heure à chercher ses clés... qui étaient dans sa main pendant tout ce temps.


Le TDAH affecte la capacité d’une personne à se concentrer, à réguler son comportement et à gérer ses impulsions. Barkley et Murphy (2010) le décrivent comme un trouble lié à l’autorégulation et au fonctionnement exécutif. En d’autres termes, les personnes atteintes de TDAH ont du mal à organiser leurs pensées et leurs actions de manière cohérente et productive, un peu comme cet orchestre désorganisé.


Alors, pourquoi devrions-nous nous en préoccuper ? Parce que comprendre ce qu'est réellement le TDAH, au-delà des simples clichés de l'enfant turbulent en classe, est crucial pour offrir un soutien adéquat et efficace aux Elios et Tala de ce monde.


Maintenant que nous avons défini le TDAH, plongeons dans quelques chiffres pour mieux comprendre l'ampleur de ce trouble.


Statistiques générales


Passons maintenant aux chiffres. Bon, promis, je ne vais pas vous submerger de statistiques, mais un peu de contexte chiffré aide toujours.


Prévalence chez les enfants : Environ 4,2 % des garçons et 1,8 % des filles sont diagnostiqués avec le TDAH (Cuffe, Moore, & McKeown, 2005). Et là, vous pourriez vous demander : pourquoi une telle différence ? Est-ce que les garçons sont vraiment plus susceptibles d'avoir le TDAH, ou est-ce que quelque chose d'autre se passe ?


Prévalence chez les adultes : Les hommes ne sont pas les seuls à souffrir. Chez les adultes, entre 2,1 % et 5,4 % des hommes et entre 1,1 % et 3,2 % des femmes continuent à vivre avec ce trouble (Kessler et al., 2006). Donc, oui, ça ne disparaît pas toujours miraculeusement une fois qu'on quitte l'école.


Pour ajouter une couche de complexité, une étude récente indique que 9,4 % des enfants âgés de 2 à 17 ans aux États-Unis ont reçu un diagnostic de TDAH (Danielson et al., 2018). Si ces chiffres vous semblent élevés, c’est parce que la reconnaissance et le diagnostic de ce trouble ont augmenté ces dernières années. Les raisons peuvent inclure une meilleure sensibilisation, des critères de diagnostic plus larges, ou simplement plus de consultations en santé mentale. Petit warning sur cette étude qui s’est basée sur les déclarations des parents concernant le diagnostic de leurs enfants et aux Etats-Unis, des professionnels plus ou moins qualifiés peuvent poser le diagnostic.


Alors, qu'est-ce que cela signifie pour nos amis Elios et Tala ? D'une part, ils ne sont pas seuls, loin de là. Le TDAH est un trouble fréquent. D'autre part, ces statistiques soulignent l'importance d'une compréhension nuancée et d'un soutien adapté pour tous ceux qui naviguent dans la vie avec le TDAH.


Voyons maintenant comment ces statistiques se traduisent dans la réalité quotidienne des hommes atteints de TDAH.

 

3. Manifestations différenciées


Symptômes chez les hommes


Prenons l'exemple d'Elios, un jeune homme de 25 ans, connu pour son énergie débordante et son incapacité à rester en place. Depuis l'enfance, il a été décrit comme une "tornade humaine". Ce profil est typique de nombreux garçons atteints de TDAH.


  • Visibilité des symptômes : Les symptômes de TDAH chez les hommes sont souvent plus visibles et perturbateurs que chez les femmes. Les garçons comme Elios, qui ne tiennent pas en place et interrompent fréquemment, attirent rapidement l'attention des enseignants et des parents. Cela entraîne un diagnostic précoce et plus fréquent chez les garçons.

  • Hyperactivité et impulsivité : Elios, en classe, était constamment en mouvement, se tortillait sur sa chaise, levait la main sans cesse pour parler, ou se levait sans autorisation. Ce type d'hyperactivité est non seulement facile à repérer, mais il peut également être confondu avec des comportements typiques de l'enfance. Roberts, Milich, et Barkley (2015) notent que l'activité élevée chez les garçons peut souvent être mal interprétée comme un symptôme de TDAH, conduisant à des diagnostics excessifs.

  • Comportements perturbateurs : Les comportements de perturbation, tels que les interruptions fréquentes en classe ou les disputes dans la cour de récréation, sont courants chez les garçons atteints de TDAH. Ces comportements, visibles et dérangeants, les conduisent souvent à être orientés pour un traitement. Coles et al. (2012) soulignent que ces signes sont des indicateurs clés pour un diagnostic.

  • Difficultés cognitives : Les garçons avec TDAH, comme Elios, ont des problèmes avec l'inhibition des réponses et la flexibilité cognitive. Par exemple, Elios a du mal à résister à l'envie de toucher chaque bouton lumineux sur un tableau de bord. Ces difficultés ajoutent à la visibilité de leurs symptômes et peuvent compliquer leur gestion du quotidien.

  • Comportements à risque chez les adultes : À l'âge adulte, les hommes atteints de TDAH continuent de manifester des comportements impulsifs et hyperactifs. Ils peuvent être enclins à la conduite imprudente, à l'abus de substances et à des interactions problématiques avec la loi (Riccio et al., 2005). Ces comportements à risque reflètent une difficulté continue à contrôler leurs impulsions.

  • Gestion de la colère : Les hommes atteints de TDAH ont souvent des difficultés à gérer leur colère, ce qui peut mener à des conflits fréquents dans leur vie professionnelle et personnelle (Coulibaly et al., 2019). Cela peut également contribuer à des tensions relationnelles et à une instabilité au travail.

  • Recherche d'aide : En raison de la stigmatisation associée aux troubles mentaux, à l’âge adulte, les hommes sont moins susceptibles de chercher de l'aide pour leur TDAH. Beaucoup préfèrent ignorer leurs symptômes ou les gérer seuls, ce qui peut aggraver leurs difficultés (Arcia et Conners, 1998).


Elios illustre bien les défis auxquels sont confrontés les hommes atteints de TDAH. Leurs symptômes visibles et perturbateurs, comme l'hyperactivité et l'impulsivité, mènent à un diagnostic plus fréquent et précoce. Cependant, ces caractéristiques persistent souvent à l'âge adulte, se manifestant par des comportements à risque et des problèmes de gestion émotionnelle.


Symptômes chez les femmes


Passons maintenant à Tala, une jeune femme de 25 ans, souvent décrite comme "rêveuse". Contrairement à Elios, ses symptômes de TDAH sont moins visibles, mais tout aussi significatifs.


  • Sous-type inattentif : Les femmes, comme Tala, sont souvent diagnostiquées avec le sous-type inattentif du TDAH. Elles ne montrent pas les signes classiques d'hyperactivité mais ont tendance à se perdre dans leurs pensées, à oublier des tâches ou des rendez-vous, et à être facilement distraites par divers stimuli (Biederman et al., 2004). Cela peut compliquer leur quotidien et leur gestion des responsabilités.

  • Moins d'hyperactivité visible : Contrairement à Elios, Tala ne manifeste pas une hyperactivité extérieure. Elle peut sembler calme en surface, mais son esprit est en constante effervescence, passant d'une pensée à l'autre rapidement. Cette différence de manifestation des symptômes explique pourquoi les filles et femmes avec TDAH passent souvent inaperçues (Biederman & Faraone, 2004).

  • Sous-diagnostic : Les filles comme Tala sont souvent sous-diagnostiquées car leurs symptômes sont moins perturbateurs. Elles peuvent être perçues comme distraites ou "dans la lune", ce qui ne suscite pas l'inquiétude des enseignants ou des parents. En conséquence, elles ne sont souvent pas orientées pour un diagnostic ou un traitement aussi rapidement que les garçons (Biederman & Faraone, 2004).

  • Auto-diagnostic et demande d'aide à l'âge adulte : De nombreuses femmes, comme Tala, en viennent à se diagnostiquer elles-mêmes à l'âge adulte. Elles prennent conscience des impacts du TDAH sur leur vie quotidienne et cherchent de l'aide non parce qu'on leur dit qu'elles ont un problème, mais parce qu'elles en ressentent le besoin.

  • Problèmes internes et difficultés sociales : Les femmes avec TDAH ont souvent des problèmes internalisés tels que l'anxiété et la dépression, cela signifie que les symptômes sont vécus de manière interne et ne se manifestent pas nécessairement par des comportements extériorisés ou perturbateurs. Elles peuvent également éprouver des difficultés dans leurs interactions sociales, craignant de faire ou de dire quelque chose d'inapproprié (Cardoos & Hinshaw, 2011). Ces problèmes peuvent mener à une faible estime de soi et à des sentiments de détresse émotionnelle.

  • Retard de diagnostic : Les femmes sont souvent diagnostiquées plus tard dans leur vie. Tala a peut-être lutté à l'école sans comprendre pourquoi elle avait des difficultés, recevant un diagnostic seulement à l'université ou plus tard. Ce retard de diagnostic peut compliquer leur parcours académique et professionnel (Abikoff et al., 2002).

  • Préférence pour les récompenses immédiates : Comme beaucoup de femmes avec TDAH, en comparaison avec les hommes avec TDAH, Tala préfère davantage les gratifications immédiates, ce qui peut affecter ses décisions quotidiennes et son succès à long terme. Cela peut inclure une tendance à procrastiner ou à choisir des activités moins bénéfiques à court terme mais gratifiantes instantanément (Rosch & Mostofsky, 2016).

  • Inattention prédominante : Les femmes adultes avec TDAH, comme Tala, manifestent souvent une inattention importante. Elles peuvent avoir du mal à se concentrer sur des tâches, à terminer des projets, et se sentir facilement submergées par leurs responsabilités (Nolen-Hoeksema, 2001).

  • Problèmes de régulation émotionnelle : Elles sont également susceptibles de rencontrer des problèmes de régulation émotionnelle, ce qui peut se traduire par des sentiments de dépression, d'anxiété, et une faible estime de soi. La gestion des émotions et du stress peut être particulièrement difficile pour elles (Nolen-Hoeksema, 2001).

  • Symptômes internalisés et stratégies de compensation : Comme évoqué précédemment, les femmes tendent à intérioriser leurs symptômes, présentant moins de comportements visibles d'hyperactivité mais souffrant davantage de troubles de l'humeur et d'anxiété (Riccio et al., 2005). Pour compenser, elles développent souvent des stratégies sophistiquées, donnant l'apparence d'une organisation efficace malgré une lutte constante en arrière-plan (Macintyre et al., 1996). Les femmes peuvent ressentir une pression sociale pour être organisées, responsables et performantes, ce qui peut aggraver leur stress et leur anxiété si elles ont du mal à répondre à ces attentes en raison de leur TDAH.

  • Impact sur la vie professionnelle et personnelle : Les symptômes de TDAH chez les femmes peuvent affecter subtilement mais significativement leurs relations et leur bien-être émotionnel, posant des défis dans leur vie quotidienne et professionnelle (Nolen-Hoeksema, 2001).

  • Différences dans la recherche de traitement : Les femmes sont plus enclines à rechercher de l'aide pour des problèmes de l’humeur liés au TDAH, tandis que les hommes consultent souvent pour des difficultés comportementales ou professionnelles (Arcia et Conners, 1998).


Tala incarne bien les défis uniques auxquels font face les femmes atteintes de TDAH. Leurs symptômes, souvent moins visibles, peuvent passer inaperçus, retardant leur diagnostic et exacerbant leurs difficultés. Elles luttent souvent avec l'inattention et les problèmes émotionnels, nécessitant des stratégies de gestion adaptées et un soutien approprié.

 

4. Défis diagnostiques


Les défis diagnostiques du TDAH sont complexes et variés, et les différences entre les sexes jouent un rôle crucial dans la façon dont ce trouble est identifié et traité. Ces différences influencent non seulement le moment du diagnostic, mais aussi sa précision et la nature des interventions proposées. Pour illustrer ces défis, examinons les expériences d'Elios et de Tala.


Diagnostic chez les femmes : Un parcours semé d'embûches


Comme nous l’avons évoqué plus haut, les femmes, comme Tala, sont souvent diagnostiquées plus tardivement que les hommes. Les symptômes féminins de TDAH tendent à être moins visibles et moins perturbateurs. Contrairement à Elios, qui manifeste des comportements hyperactifs évidents, Tala est plus susceptible de présenter des symptômes intériorisés, comme l'inattention ou l'anxiété. En conséquence, ses symptômes peuvent passer inaperçus durant l'enfance, ce qui retarde le diagnostic jusqu'à l'âge adulte, souvent après des années de difficultés scolaires et sociales (Hinshaw & Blachman, 2005).


  • Influence des biais de genre : Les critères diagnostiques actuels du DSM ont été principalement développés à partir d'échantillons masculins, mettant l'accent sur des comportements typiquement observés chez les garçons. Cela entraîne un sous-diagnostic des femmes, dont les symptômes ne correspondent pas toujours à ces critères. Par exemple, les symptômes de Tala, qui incluent une rêverie persistante et une difficulté à se concentrer, ne sont pas aussi perturbateurs que ceux d’Elios, et ne sont donc pas immédiatement reconnus comme des signes de TDAH (Waite & Ivey, 2009).

  • Impact des comorbidités : Les femmes adultes atteintes de TDAH, comme Tala, présentent souvent des comorbidités telles que l'anxiété et la dépression, qui peuvent masquer ou être confondues avec les symptômes du TDAH. Ces troubles peuvent compliquer le diagnostic et conduire à une prise en charge inappropriée, où les traitements visent davantage les symptômes secondaires que la cause principale (Young et al., 2020).

  • Rôles des perceptions parent-enseignant : Les enseignants et les parents jouent un rôle crucial dans la détection des symptômes de TDAH. Cependant, les symptômes moins perturbateurs des filles sont souvent sous-estimés. Les enseignants, par exemple, sont plus susceptibles de signaler des comportements disruptifs comme ceux d'Elios, tandis que les filles comme Tala, qui sont plus discrètes, ne sont souvent pas considérées comme ayant besoin d'une évaluation pour TDAH (Jackson & King, 2004).

  • Comportements hormonaux fluctuants : Chez les femmes, les fluctuations hormonales peuvent influencer l'expression des symptômes de TDAH, nécessitant une approche diagnostique plus subtile et adaptée. Ces fluctuations peuvent affecter l'humeur et l’attention, rendant la détection des symptômes plus complexe et variable (Quinn, 2005).

  • Autodiagnostic et demande d'aide : De nombreuses femmes, comme Tala, finissent par se diagnostiquer elles-mêmes à l'âge adulte après avoir enduré des années de difficultés non expliquées. Elles cherchent souvent de l'aide non pas en raison de comportements perturbateurs, mais en réponse à des sentiments persistants de détresse émotionnelle et de difficultés à gérer les tâches quotidiennes (Sibley et al., 2012).

  • Nécessité de critères diagnostiques spécifiques : Il est crucial de développer des critères diagnostiques adaptés aux adultes et sensibles aux différences de genre. Les critères actuels, souvent basés sur des comportements typiques des enfants et des hommes, ne permettent pas de détecter efficacement les symptômes de TDAH chez les femmes adultes (Davidson, 2007).


Diagnostic chez les hommes : rapidité et sur-diagnostic


Nous l’avons vu, les garçons, comme Elios, sont plus souvent diagnostiqués avec le TDAH dès l'enfance. Leurs symptômes sont souvent plus visibles et perturbateurs, attirant rapidement l'attention des enseignants, des parents et des professionnels de santé. Les comportements d’Elios, tels que l'hyperactivité et l'impulsivité, sont facilement remarqués et interprétés comme des signes de TDAH, ce qui mène à un diagnostic rapide et à une intervention précoce.


  • Utilisation d'outils de diagnostic inadaptés : Les outils de diagnostic actuels, qui sont basés sur des critères développés pour les enfants, sont souvent inefficaces pour identifier le TDAH chez les adultes. Les critères utilisés pour diagnostiquer Elios pourraient ne pas capturer adéquatement les symptômes de TDAH chez une femme adulte comme Tala, illustrant une lacune significative dans les pratiques de diagnostic actuelles (Barkley, 2008).

  • Comportements à risque et gestion émotionnelle : Les hommes adultes atteints de TDAH, comme Elios, continuent souvent de manifester des comportements impulsifs et hyperactifs. Ils peuvent être enclins à des comportements à risque, tels que la conduite imprudente ou l'abus de substances, et rencontrer des défis dans la gestion de la colère, ce qui peut entraîner des conflits dans leur vie professionnelle et personnelle (Riccio et al., 2005; Coulibaly et al., 2019).

  • Rechercher de l'aide et stigmatisation : Les hommes sont souvent moins enclins à chercher de l'aide pour leurs symptômes de TDAH en raison de la stigmatisation associée aux troubles mentaux. Beaucoup préfèrent gérer leurs difficultés de manière autonome, ce qui peut aggraver leurs problèmes à long terme (Arcia et Conners, 1998).


Les défis diagnostiques du TDAH sont influencés par des biais de genre et des critères inadaptés. Les hommes, avec des symptômes plus visibles, bénéficient souvent d'un diagnostic rapide, tandis que les femmes, avec des symptômes plus subtils, sont fréquemment sous-diagnostiquées. Il est crucial de développer des outils et des critères de diagnostic qui reconnaissent les différences de genre et capturent efficacement les symptômes de TDAH chez les adultes pour améliorer l'identification et la prise en charge de ce trouble.

 

5. Impact sur la vie quotidienne


Le TDAH peut affecter profondément la vie quotidienne des personnes qui en sont atteintes, tant sur le plan personnel que professionnel. Les effets de ce trouble varient entre les hommes et les femmes, influençant différemment leurs relations sociales, leur bien-être émotionnel et leur performance au travail.


Vie personnelle et sociale


  • Relations interpersonnelles : Le TDAH peut avoir des effets dévastateurs sur les relations interpersonnelles et la performance sociale. Elios, par exemple, peut souvent se retrouver en désaccord avec ses amis en raison de son impulsivité, de son incapacité à se concentrer sur des conversations, ou de sa tendance à oublier des plans. Pour Tala, les défis sont différents mais tout aussi significatifs. Elle peut lutter avec des sentiments de solitude et de frustration, se sentant incomprise en raison de ses difficultés à se concentrer et à suivre les conversations.

  • Différences de genre : Les femmes atteintes de TDAH, comme Tala, signalent souvent une plus grande réactivité émotionnelle et une préoccupation accrue pour les relations interpersonnelles. Elles peuvent se sentir isolées et submergées lors d’événements sociaux, craignant de dire ou de faire quelque chose d'inapproprié (Zell, Krizan, & Teeter, 2015). Les hommes, comme Elios, peuvent être plus directs et extériorisés dans leurs interactions sociales, ce qui peut conduire à des malentendus ou à des conflits.

  • Problèmes émotionnels et cognitifs : Les filles avec TDAH présentent des taux plus élevés de troubles de l'humeur, d'anxiété, et de difficultés verbales et linguistiques (Groß-Lesch et al., 2016; Gershon, 2002). Tala peut ressentir une anxiété accrue lorsqu'elle doit parler en public ou dans des situations sociales nouvelles, amplifiant son stress quotidien. Elios, de son côté, peut éprouver des difficultés à réguler ses émotions, ce qui peut mener à des réactions impulsives ou inappropriées.

  • Capacités sociales et adaptation : En général, les filles avec TDAH ont des compétences sociales et des capacités d'adaptation moins développées comparées aux garçons (Rucklidge & Tannock, 2001). Tala peut avoir du mal à s'adapter à de nouveaux environnements sociaux ou à gérer des situations de conflit, ce qui peut la conduire à éviter les interactions sociales.

  • Conséquences à long terme : Les filles non diagnostiquées ou diagnostiquées tardivement, comme Tala, peuvent souffrir de problèmes académiques, sociaux et psychologiques plus graves à long terme, y compris des risques accrus de troubles de l'humeur, de comportements antisociaux et de faible estime de soi (Harpin et al., 2013; Shaw et al., 2012). Cela souligne l'importance d'une intervention précoce pour éviter des conséquences négatives durables.


Imaginez Tala lors d'une réunion de travail. Elle lutte pour suivre la discussion, ses pensées dérivant constamment. Après la réunion, elle se sent épuisée et anxieuse, craignant de n'avoir pas contribué de manière significative. Elios, de son côté, interrompt fréquemment ses collègues, ce qui peut causer des tensions, mais il est généralement plus conscient de son TDAH et des stratégies qu'il peut utiliser pour gérer ses symptômes.


Vie professionnelle


  • Impact sur la carrière : Le TDAH chez les adultes peut aussi perturber la carrière professionnelle. Elios, par exemple, peut être perçu comme distrait ou désorganisé par ses collègues. Cependant, avec les bonnes stratégies, il peut canaliser son énergie et son impulsivité en innovation et en pensée créative. Tala, en revanche, pourrait avoir du mal à gérer les délais et à maintenir sa productivité, se sentant souvent dépassée par ses tâches. Bien que tardif, le diagnostic est la porte d’entrée vers l’acquisition de stratégies efficaces : mieux se comprendre pour mieux avancer.

  • Différences de genre au travail : Les hommes et les femmes avec TDAH rencontrent des défis différents en milieu professionnel. Elios peut trouver des moyens de faire face grâce à un environnement de travail flexible, tandis que Tala pourrait avoir besoin de soutien supplémentaire pour organiser ses tâches et gérer son temps. Les hommes ont tendance à exprimer plus ouvertement leurs difficultés, ce qui peut faciliter la reconnaissance de leurs besoins en matière de soutien, tandis que les femmes peuvent développer des stratégies de coping plus complexes pour masquer leurs symptômes, ce qui peut entraîner une sous-estimation de l'impact du TDAH sur leur vie quotidienne (Young et al., 2020).

  • Perception subjective de l'impact : Les femmes atteintes de TDAH, comme Tala, rapportent souvent des niveaux plus élevés de sentiment d'incapacité par rapport aux hommes (Fedele et al., 2012). Cela peut influencer leur confiance en elles et leur satisfaction professionnelle. Tala peut ressentir une pression accrue pour performer et répondre aux attentes sociales, ce qui peut exacerber son stress et ses sentiments d'incapacité.


Gestion des responsabilités domestiques et familiales


  • Difficultés organisationnelles et gestion du temps : Les femmes adultes avec TDAH, comme Tala, rencontrent souvent des difficultés à gérer les responsabilités domestiques, ce qui peut entraîner des sentiments d’être submergées (Nussbaum, 2012). Elles doivent jongler entre de nombreuses tâches, ce qui peut mener à une désorganisation et une gestion inefficace du temps. Cette difficulté à maintenir une routine stable peut aussi affecter la gestion des responsabilités familiales. Il est donc important pour Tala de se tourner vers un thérapeute spécialisé dans le TDAH qui l’aidera à mettre en place des outils de gestion adaptés à son quotidien. Ainsi, elle réduira son niveau de stress et par conséquent, ses symptômes d’inattention.

  • Problèmes de régulation émotionnelle : Les femmes souffrent fréquemment de troubles émotionnels comme l'anxiété et la dépression, exacerbés par les symptômes du TDAH. Ces troubles peuvent affecter leur bien-être émotionnel et leurs relations interpersonnelles (Quinn, 2005). La dysrégulation est un symptôme de plus en plus reconnu comme étant central dans le TDAH. Tala pourrait ainsi avoir des difficultés à réguler son stress quotidien, ce qui peut exacerber ses symptômes et compliquer le quotidien.

  • Gestion des responsabilités familiales : Les responsabilités familiales, telles que la gestion du foyer et la parentalité, peuvent être particulièrement stressantes pour les femmes avec TDAH. Tala peut éprouver des difficultés à maintenir une routine stable pour elle-même et pour ses enfants, ce qui peut conduire à un stress accru et à des conflits familiaux (Young et al., 2020).

  • Comparaison des impacts sur les genres : Les attentes sociales élevées concernant les responsabilités domestiques et familiales pour les femmes peuvent augmenter leur niveau de stress et exacerber les problèmes de santé mentale. En revanche, les hommes peuvent ressentir plus de stress lié à leurs performances professionnelles et à la gestion de leurs comportements impulsifs (Nussbaum, 2012). Elios peut éprouver des difficultés à équilibrer les responsabilités professionnelles et personnelles, mais il peut également bénéficier d'une reconnaissance plus immédiate de ses besoins en matière de soutien par rapport aux femmes.


Comprendre les impacts différents du TDAH sur la vie quotidienne des hommes et des femmes est essentiel pour adapter les interventions et les soutiens aux besoins spécifiques de chaque genre. En reconnaissant ces différences et en fournissant des approches thérapeutiques et des soutiens adaptés, il est possible d'aider Elios et Tala à mieux gérer leur TDAH et à mener une vie plus épanouie et équilibrée.


6. Approches thérapeutiques


La gestion du TDAH chez les adultes, comme Elios et Tala, repose souvent sur une combinaison de traitements médicamenteux et de thérapies comportementales. Bien que les médicaments puissent atténuer certains symptômes, ils ne constituent pas une solution unique et doivent être complétés par d'autres formes de soutien.


Médications


  • Traitements pharmacologiques : Les réponses aux traitements médicamenteux pour le TDAH peuvent varier considérablement entre les individus et selon le sexe. Les médicaments stimulants tels que le méthylphénidate et les sels d'amphétamine (interdits en France) sont couramment utilisés, mais les études montrent des résultats mixtes en termes de différences de genre dans la réponse à ces traitements.

    • Stimulants : La majorité des études n'ont pas trouvé de différences significatives entre les hommes et les femmes concernant l'efficacité des stimulants pour réduire les symptômes de TDAH. Toutefois, certaines recherches indiquent que l'efficacité des stimulants peut varier en fonction de la phase du cycle menstruel chez les femmes, avec une amélioration possible des symptômes lorsque la dose est augmentée avant la menstruation (Jong et al., 2023).

    • Atomoxétine : Cette molécule est interdite en France depuis 2012 et ne fait donc pas partie des possibilités thérapeutiques ici. Voici tout de même ce que la littérature scientifique en dit : contrairement aux stimulants, l'atomoxétine, un inhibiteur sélectif de la recapture de la noradrénaline (ISRN), a montré des résultats prometteurs, notamment chez les femmes. Des études ont indiqué une amélioration significative dans la régulation émotionnelle et le fonctionnement social chez les femmes traitées avec ce médicament (Robison et al., 2008; Spencer et al., 2006; Wietecha et al., 2012).


  • Influence des hormones sexuelles : Les fluctuations hormonales, notamment les variations des niveaux d’œstrogène et de progestérone, peuvent affecter l’efficacité des traitements du TDAH chez les femmes. Par exemple, les symptômes de TDAH peuvent s'aggraver pendant la phase lutéale du cycle menstruel, nécessitant une adaptation des doses de traitement pendant cette période pour une gestion optimale des symptômes (Young et al., 2020).

  • Différences pharmacocinétiques et pharmacodynamiques : Les femmes peuvent métaboliser certains médicaments différemment des hommes, souvent plus lentement, ce qui peut nécessiter des ajustements de dosage pour éviter les effets secondaires (Franconi et al., 2007). Elles ont également tendance à rapporter des effets secondaires plus fréquents et plus sévères, nécessitant un suivi attentif et une personnalisation des traitements pour minimiser ces effets indésirables (Soldin et Mattison, 2009).

  • Personnalisation du traitement : Chaque individu, comme Elios et Tala, nécessite un traitement personnalisé qui prend en compte leurs besoins spécifiques et leurs réponses uniques aux médicaments. Par exemple, Elios pourrait avoir besoin d'un ajustement de la dose de stimulant pour gérer efficacement son hyperactivité, tandis que Tala pourrait bénéficier d'un suivi spécifique pendant les phases hormonales fluctuantes pour optimiser l’efficacité de son traitement. Trouver le bon dosage prend du temps.


Psychothérapies


  • Groupes de psychothérapies spécifiques : En plus des traitements médicamenteux, des groupes de psychothérapie peuvent offrir un soutien précieux pour les adultes avec TDAH. Ces groupes permettent de partager des expériences, d'apprendre de nouvelles stratégies et de bénéficier d'un soutien mutuel.

    • Groupes de planification et d'organisation : Pour Elios, qui lutte souvent avec la gestion du temps et l'organisation, rejoindre un groupe axé sur les stratégies de planification pourrait être extrêmement bénéfique. Ces groupes enseignent des techniques pour structurer les tâches, prioriser les activités et gérer les distractions, permettant ainsi de mieux contrôler les symptômes d'inattention et d'impulsivité.

    • Groupes de régulation émotionnelle : Tala, quant à elle, pourrait trouver un soutien précieux dans un groupe axé sur la régulation émotionnelle. Ces groupes aident à développer des compétences pour gérer le stress, les frustrations et les émotions intenses souvent associées au TDAH. Apprendre à identifier et à réguler ses émotions peut améliorer non seulement la qualité de vie mais aussi les relations interpersonnelles.


Pour vous pré-inscrire aux Groupes :




  • Approches personnalisées : Il est essentiel que les approches thérapeutiques soient adaptées aux besoins individuels d'Elios et Tala. Par exemple, Elios pourrait bénéficier d'une psychothérapie psychodynamique en plus des groupes pour explorer son histoire, tandis que Tala pourrait trouver un soulagement dans des séances de psychothérapie cognitivo-comportementale pour gérer son anxiété et ses troubles de l'humeur. Dans tous les cas, n’hésitez pas à demander des conseils pour trouver le bon thérapeute. Choisissez quelqu’un de diplômé par un diplôme d’Etat, ce qui vous garantie un minimum de sérieux dans la formation. De nombreux « coachs » ou autres types de thérapeutes avec des discours séduisants peuvent vous détourner de pistes thérapeutiques efficaces sur le long terme.

  • Soutien psychosocial : Enfin, il est crucial de ne pas sous-estimer l'importance du soutien psychosocial. Les amis, la famille et les partenaires jouent un rôle clé dans la gestion du TDAH. Créer un environnement compréhensif et solidaire peut faire une énorme différence pour les personnes vivant avec ce trouble. Un soutien constant et empathique peut aider Elios et Tala à naviguer plus efficacement les défis du TDAH.


La gestion du TDAH chez les adultes, tels qu'Elios et Tala, nécessite une approche intégrée qui combine des traitements médicamenteux adaptés, des thérapies comportementales ciblées et un soutien psychosocial solide. En personnalisant les traitements et en tenant compte des différences individuelles et de genre, il est possible d'améliorer significativement la qualité de vie et le bien-être des personnes atteintes de TDAH.

 

7. Conclusion


En conclusion, le TDAH chez les adultes présente des défis complexes et variés qui nécessitent une approche nuancée et individualisée. La prévalence et la présentation des symptômes diffèrent souvent entre les hommes et les femmes, ce qui a des implications profondes pour le diagnostic, le traitement et le soutien.


  • Prévalence et symptômes : Les hommes montrent une prévalence plus élevée de TDAH et présentent généralement plus de symptômes d'hyperactivité. En revanche, les femmes, comme Tala, sont souvent sous-diagnostiquées en raison de symptômes moins visibles et plus internalisés, tels que l'inattention et l'anxiété.

  • Défis diagnostiques : Le diagnostic du TDAH chez les femmes est souvent retardé, ce qui peut entraîner des niveaux de détresse et d'incapacités plus élevés. Les critères diagnostiques actuels du DSM, développés principalement à partir de populations masculines, ne capturent pas toujours adéquatement les manifestations du TDAH chez les femmes.

  • Impact sur la vie : Le TDAH affecte significativement la vie personnelle, sociale et professionnelle des individus. Les hommes et les femmes font face à des défis distincts en milieu professionnel, avec des femmes rapportant souvent des niveaux plus élevés de sentiment d'incapacité et de détresse.

  • Approches thérapeutiques : Les traitements doivent être adaptés aux besoins individuels et tenir compte des différences de genre. Les groupes de psychothérapies, comme ceux que pourraient rejoindre Elios et Tala, offrent des stratégies spécifiques pour gérer les symptômes du TDAH, améliorer la planification, l'organisation et la régulation émotionnelle.


Le TDAH est un défi quotidien pour Elios et Tala, mais avec les bonnes stratégies, le soutien approprié et un diagnostic précoce et précis, ils peuvent mener une vie épanouie et équilibrée. En comprenant mieux les différences de genre et en adaptant les traitements en conséquence, nous pouvons offrir un meilleur soutien à tous ceux qui vivent avec le TDAH. Continuons à chercher, à comprendre et à améliorer les vies de ceux qui en ont besoin.


Si vous avez des questions ou des expériences à partager sur le TDAH, n'hésitez pas à les laisser dans les commentaires ci-dessous.


Merci de m’avoir lu.


Guillaume Baissette


SOURCES :


  • Loyer Carbonneau, M., Demers, M., Bigras, M., & Guay, M.-C. (2021). Meta-Analysis of Sex Differences in ADHD Symptoms and Associated Cognitive Deficits. Journal of Attention Disorders, 25(12), 1640-1656. https://doi.org/10.1177/1087054720923736

  • Williamson, D., & Johnston, C. (2015). Gender differences in adults with attention-deficit/hyperactivity disorder: A narrative review. Clinical psychology review, 40, 15–27. https://doi.org/10.1016/j.cpr.2015.05.005

  • Doidge, J. L., Flora, D. B., & Toplak, M. E. (2021). A Meta-Analytic Review of Sex Differences on Delay of Gratification and Temporal Discounting Tasks in ADHD and Typically Developing Samples. Journal of attention disorders, 25(4), 540–561. https://doi.org/10.1177/1087054718815588

  • Abikoff, H., Hechtman, L., Klein, R. G., Weiss, G., Fleiss, K., Etcovitch, J., Cousins, L., Greenfield, B., Martin, D., & Pollack, S. (2004). Symptomatic improvement in children with ADHD treated with long-term methylphenidate and multimodal psychosocial treatment. Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, 43(7), 802–811. https://doi.org/10.1097/01.chi.0000128791.10014.ac

  • American Psychiatric Association. (2013). Diagnostic and statistical manual of mental disorders (5th ed.). American Psychiatric Publishing.

  • Arcia, E., & Conners, C. K. (1998). Gender differences in ADHD?. Journal of developmental and behavioral pediatrics : JDBP, 19(2), 77–83. https://doi.org/10.1097/00004703-199804000-00003

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