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L'équilibre vie personnelle / vie professionnelle

Sommaire :





Définir l’équilibre entre la vie professionnelle et personnelle


Que faites-vous dans la vie ? Nous répondons à cette question principalement par notre activité professionnelle et cela en dit long sur la place qu’occupe le travail dans nos sociétés et dans nos vies. Cette importance n’a pas toujours été aussi évidente et en d’autres temps et d’autres endroits le travail pouvait ne pas être valorisé, synonyme, par exemple, d’asservissement.


Etant donnée la place primordiale que le travail occupe dans nos vies, il revient à chacun de penser le rapport qu’il entretient avec lui. Il arrive, à tout âge, que la question se pose du choix d’orientation professionnelle ou de carrière, souvent avec beaucoup d’inquiétudes, car le travail sert avant tout à assurer sa survie et une place dans la société mais aussi parfois avec l’espoir latent de trouver « le job de rêve ». Dans une société de la performance, la recherche de « réussite professionnelle » ne manque pas de jouer comme facteur de pression morale. Certaines personnes peuvent se sentir en échec dans leur propre vie car tentant de trouver une solution, en vain (car il s’agit là de questions mal posées ou d’idées irréalistes), à la quête du boulot idéal ou de la réussite professionnelle.


Bien qu’il y ait de nombreuses possibilités pour que votre travail contribue à votre réalisation, certaines personnes ne peuvent pas profiter d’une liberté de choix professionnels suffisamment grande pour faire l’économie d’investissements personnels épanouissants.


Quelle place occupe le travail dans votre vie actuelle ? Dans votre vie, telle que vous souhaitez la mener ?



L'importance d’un bon équilibre entre pro/perso


Ce qu'on nomme « équilibre » rappelle qu’on ne peut pas tout investir à la fois, qu’il y a un temps pour chaque chose. Il y a dans notre vie mentale, de la continuité et de la discontinuité. Nous pouvons nous abandonner au sommeil sans se perdre et nous nous réveillons bien le lendemain en étant la même personne que la veille. Il est donc possible de se détacher, en conscience, d’un investissement et de le récupérer plus tard.


La capacité à se déconnecter mentalement des problèmes liés au travail (en dehors des temps de travail) est ce que l’on nomme le détachement psychologique. Les personnes capables de se détacher psychologiquement en retirent de nombreux avantages : moins de fatigue, plus d'émotions positives, un plus grand bien-être général, de meilleures relations en dehors du travail et moins de conflits entre les exigences de leur travail et leur famille. Cette capacité à se détacher contribue plus à une humeur positive et une bonne énergie que le temps passé à faire des activités non professionnelles.


A l’inverse, il y a les ruminations liées au travail. Ce sont des pensées relatives à des questions et des événements professionnels qui se produisent en dehors du temps de travail. Elles sont la représentation inverse du détachement psychologique.




Du côté des employeurs, le bien-être de leurs employés entraîne une amélioration des performances grâce à une meilleure santé des employés, une réduction de l'absentéisme et une diminution de la rotation du personnel.



Les problèmes majeurs d'une surcharge de travail


Contrairement au détachement psychologique, se sentir détaché et déconnecté sur le lieu de travail, et ne pas se soucier de son travail, peut être un signe d'épuisement. Le fameux burnout.


Dans le contexte sanitaire actuel, il a été observé que dans certains cas, le travail à domicile à engendré des heures supplémentaires. La concentration étant plus difficile en raison des distractions ambiantes (animaux domestiques, porte qui sonne, les voisins, les interruptions des enfants, etc.), les journées de certains travailleurs se sont allongées. Sans compter certaines personnes dont les traits de personnalité les confrontent à des difficultés à s’imposer des limites de durée dans leur travail.



Certains professionnels jugent le risque de burnout comme étant très élevé. Pour les personnes qui travaillent à distance pour la première fois, les frontières entre la vie professionnelle et la vie personnelle peuvent devenir de plus en plus floues. Pour montrer leur dévouement et leur productivité, certaines personnes peuvent avoir l'impression de devoir travailler tout le temps. Les après-midis se confondant avec les soirées, les jours de la semaine avec les week-ends.


L'incapacité à se détacher mentalement de son travail peut entraîner une baisse de productivité, une diminution de la motivation, une augmentation du stress et impacter plus généralement la santé mentale.



Les causes du déséquilibre


Parmi les facteurs liés au travail, on peut citer les exigences constantes du travail sous haute pression et les journées de travail exceptionnellement longues.


Du côté des facteurs propres à chacun, on peut évoquer la tendance à ruminer et à s'inquiéter, le vécu plus fréquent d’émotions négatives intenses (anxiété, tristesse ou frustration) ainsi que le fait de considérer le travail comme un élément central de son identité.



Dans le contexte du travail à domicile, de nombreuses personnes ont dû créer des installations de travail improvisées dans les salons, les cuisines, les chambres à coucher, partout où il y avait de la place. Ajouté à cela la fermeture des écoles, la vie professionnelle a été largement compliquée.


Des suites de ces changements, certaines ont connu une baisse de productivité au travail, une baisse de motivation, une augmentation du stress et une détérioration de leur santé mentale.



Trouver l'équilibre


L’un des axes de travail est donc de développer cette force de détachement psychologique. Il s’agit déjà d’identifier les activités qui aident à ce détachement, des activités qui vous intéressent. Essayez de ne faire qu’une chose à la fois et de vous y plonger.


La mise en place de routines permet également de favoriser le détachement, quel que soit le contexte professionnel : vous déconnecter de votre boite mail professionnelle par exemple. Vous pouvez également élaborer un rituel de transition qui vous permet de symboliser le changement de dispositions mentales.



Vérifiez votre attention en pleine conscience afin de savoir si vous êtes détaché ou non de votre travail. Faites l’effort de vérifier la qualité de votre présence aux choses que vous vivez sur le moment.


L’une des ressources psychologiques les plus simples à mobiliser et beaucoup étudiée ces dernières années est la « pleine conscience ». La pleine conscience entraîne une diminution des niveaux de rumination.


Voici 2 techniques simples à utiliser.



Technique 1 : Espace de respiration de 3 minutes.


Cette technique est une méditation de 3 minutes et elle comporte trois étapes :


- Posez-vous la question : "Quelles pensées me traversent l'esprit", "Quelles émotions sont présentes ici", "Quelles sensations corporelles sont présentes en ce moment ?"


- Portez votre attention sur la sensation physique de la respiration. Utilisez la concentration sur votre respiration pour vous ancrer dans le moment présent.


- En plus de la sensation de la respiration, étendez maintenant votre conscience à l'ensemble de votre corps, à votre posture et à l'expression de votre visage, ainsi qu'à toutes les sensations qui peuvent se manifester.



Technique 2 : Exercice des 5 sens.


Dans cette technique, vous devez identifier 5 choses que vous pouvez voir, 4 choses que vous pouvez sentir, 3 choses que vous pouvez entendre, 2 choses que vous pouvez toucher et 1 chose que vous pouvez goûter. Répétez ce processus autant de fois que nécessaire.



Le télétravail


Dans le prolongement de ce que l’on a évoqué précédemment, de nombreuses recherches suggèrent qu'il est crucial de tracer des lignes entre notre vie professionnelle et notre vie personnelle bien que cela soit plus ou moins difficile selon les circonstances.

Les marqueurs importants qui permettent aux personnes que prendre conscience de la transition entre la vie personnelle et la vie professionnelle sont le fait de s’habiller et le trajet. Il faut donc essayer de maintenir ces représentations en mettant une tenue de travail tous les matins et remplacez le trajet par une petite marche autour de chez vous.

Pour les parents devant garder leurs enfants, le défi des horaires peut s’avérer très compliqué. Ainsi, les horaires classiques de bureau peuvent devenir absolument intenables. Il faut alors faire preuve de souplesse et de respect envers les rythmes des autres personnes partageant le foyer. Il peut s’agir par exemple de travailler pendant la sieste des enfants ou pendant que le conjoint est occupé à une autre activité. Il est important de bien communiquer avec les collègues et la hiérarchie en les informant des périodes plus ou moins propices à une bonne réactivité de votre part avant de diminuer le stress de l’attente.


Comme on l’a évoqué, le travail à domicile peut engendrer une tendance à vouloir paraitre productif et ce au détriment d’une représentation lucide des priorités : réaliser les tâches les plus immédiates au lieu des plus importantes.


Il faut faire des pauses. Dans le cas de tâches intellectuelles, le travailleur moyen n’est productif que trois heures par jour en moyenne.


Le fait de se sentir tout le temps occupé par le travail est un signal d’alerte et le fait de prendre du temps personnel pour réaliser des tâches professionnelles conduit sur le long terme à une atteinte du bien-être.



Aider les employeurs


Quelques mots pour aider également les employeurs à penser leurs rapports à leurs employés dans cette période.



Des chercheurs ont montré que par certaines attitudes involontaires, les supérieurs hiérarchiques pouvaient compliquer la tâche des employés en termes de limites entre la vie professionnelle et personnelle. C’est le cas par exemple de l’envoi de mails professionnels. Il a été montré que les expéditeurs sous-estiment le sentiment d’obligation de répondre rapidement que ressentent les destinataires, même lorsque le mail n’est pas urgent.



Voici quelques pistes supplémentaires :



1- Aider les employés à identifier les tâches prioritaires.


2- Encourager les échanges sur les difficultés rencontrées.


3- Organiser des réunions individuelles régulièrement.


4- Proposer l’entretien téléphonique comme alternative à la visio-conférence.



Lire l'interview de Guillaume Baissette réalisée par Lamia Id Hajji (p. 68-69)












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