Semaine 31 - 2020

Quels sont les effets à court et long terme de la consommation de cannabis sur les capacités cognitives ?


Les recherches sur les effets de la consommation de cannabis se sont multipliées ces dernières années. Cet article, paru ce mois-ci dans la revue Current Opinion in Psychology, fait le point sur les connaissances actuelles autour de cette question.



Les preuves d’un effet néfaste à court terme de la consommation de cannabis sont de plus en plus nombreuses. L’intoxication au cannabis est associée à des déficiences à court terme dans divers domaines comme :


- L’apprentissage,

- La mémoire épisodique (l’encodage, le stockage et la récupération du lieu, du moment, de l’état émotionnel et de divers éléments sensoriels associés à un événement vécu),

- Le contrôle attentionnel (la capacité à diriger son attention),

- Et l’inhibition motrice (la capacité à inhiber ses mouvements).


En ce qui concerne les effets à long terme d’une forte consommation de cannabis restent pour le moment équivoques. Les consommateurs de longue durée (en particulier les gros consommateurs), qui ne sont donc pas sevrés, souffrent également d’atteintes au niveau des capacités d’apprentissage, de la mémoire épisodique, de déficiences dans l'attention soutenue et de biais attentionnels.


Les futures études chercheront à mettre en évidence des altérations cognitives durables et/ou des récupérations de capacités après abstinence.



SOURCE :

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2352250X20301135


Comment l’évolution peut expliquer les comportements agressifs ?


Bien que les comportements agressifs tels que l’intimidation ou bien l’agression réelle conduisent souvent à des désavantages sociaux, ces comportements ont également pu apporter des solutions dans l’histoire humaine. Parmi ces solutions, les psychologues évolutionnistes évoquent :


- L’obtention de ressources,

- L’obtention et le maintien d’un statut social et du pouvoir,

- La concurrence avec les rivaux de même sexe.



Les comportements agressifs peuvent donc être des moyens d’accéder à des avantages importants en ce qui concerne l’évolution de l’espèce : le contrôle des ressources, du statut social et de la reproduction.


A notre époque, des comportements agressifs conservent une utilité adaptative, comme l’ont confirmé plusieurs études, dans lesquelles l’intimidation était liée à des avantages sociaux tels que la domination, le statut social et la popularité perçue. Les personnes aux tendances tyranniques ont également une activité sexuelle plus tôt et plus fréquente.

Les comportements agressifs tels que l’intimidation et l’agression réelle sont donc présents dans un contexte de concurrence intrasexuelles pour l’acquisition et le maintien des ressources sociales.



SOURCES :

D.M. Buss, T.K. Shackelford Human Aggression in evolutionary psychological perspective Clinical Psychology Review, (1997)

A.A. Volk, J.A. Camilleri, A.V. Dane, Z.A. MariniIs adolescent bullying an evolutionary adaptation? Aggressive Behavior, 38 (2012)

A.A. Volk, A.V. Dane, Z.A. Marini, T. Vaillancourt Adolescent bullying, dating, and mating: Testing an evolutionary hypothesis Evolutionary Psychology (2015)


Quels sont avantages et désavantages sociaux des comportements agressifs en ligne ?


Des recherches suggèrent que la cyber-agression et la victimisation coexistent dans une plus large mesure que l'agression et la victimisation qui se manifeste dans la vie quotidienne, en dehors d’internet.


La cyber-agression peut être définie comme "un comportement intentionnel visant à nuire à une autre personne [...] par le biais d'ordinateurs, de téléphones portables et d'autres appareils électroniques, et perçu comme aversif par la victime" (Schoffstall & Cohen, 2011).


Les adolescents impliqués à la fois dans la cyberintimidation et la victimisation (c'est-à-dire les victimes de cyber-intimidation) ont signalé des niveaux d'idées suicidaires environ deux fois plus élevés que les cyber-intimidateurs ou les cyber-victimes considérés séparément.


Dans cette étude parue dans le Computer in Human Behavior le 20 juillet dernier, les chercheurs n’ont trouvé aucune preuve de l'existence de groupes de cyber-agresseurs ou de cyber-victimes purs. Les agresseurs étaient aussi parfois victimes et inversement.


Les chercheurs ont distingué 2 groupes en fonction de la nature du comportement agressif :


1- La cyber-agression proactive : l'agressivité orientée vers un but, l'agressivité appétitive (c'est-à-dire orientée vers une récompense),

2- La cyber-agressivité réactive : l'agressivité impulsive, non planifiée et émotionnelle.


Le premier groupe de cyber-agresseurs et cyber-victimes est qualifié de « mixte » car les agressions proactives et réactives étaient présentes à des degrés similaires. Le deuxième groupe, qualifié de « hautement réactif », montraient des comportements agressifs réactifs plus fréquents que les proactifs. Dans l'échantillon de 400 adolescents âgés de 12 à 18 ans, 79,4 % n'étaient pas impliqués dans des comportements agressifs, 13,1 % étaient des cyber-agresseurs/victimes mixtes (cyber-agression proactive et réactive modérée, et cyber-victimisation), et 7,4 % étaient des cyber-agresseurs/victimes hautement réactifs (cyber-agression proactive modérée et cyber-victimisation, mais cyber-agression réactive élevée).



La cyber-agression est un comportement indirect et potentiellement anonyme ce qui conduirait les phénomènes d'agression et de victimisation à se produire plus facilement : victimisation et représailles par le biais de cyber-médias où le pouvoir traditionnel est moins saillant.



Par exemple, comme le pouvoir physique ne peut pas être dirigé contre une victime par le biais d'un dispositif électronique, les cyber-victimes peuvent être moins susceptibles de craindre des représailles physiques pour s'être vengé des cyber-agresseurs.


La cyber-agression et la cyber-victimisation sont toutes deux associées à la dépression, à l'anxiété, à la solitude, aux idées suicidaires, ainsi qu'à une faible satisfaction de vivre et à une faible estime de soi.


Le groupe mixte a déclaré une plus grande domination sociale et plus de partenaires de rencontre, tandis le groupe hautement réactif a déclaré plus de partenaires sexuels.

Il existe donc un lien entre les formes traditionnelles et cybernétiques d'agression et d'intimidation et les avantages sociaux :


- La domination sociale,

- La popularité perçue, ainsi que

- Les fréquentations et le sexe.


Le groupe hautement réactif a fait état d'un pouvoir social implicite moindre et d'une anxiété amicale plus importante que les groupes mixtes et non impliqués.


L'agression réactive traditionnelle (en dehors d’internet) prédit à la fois une augmentation de l'impopularité et une diminution de la popularité au fil du temps.


L'agressivité réactive a été liée à des perceptions négatives par les pairs comme l'aversion et le rejet, et à des amitiés plus conflictuelles.


En conclusion, les individus du groupe hautement réactif avaient plus de désavantages sociaux et moins d'avantages par rapport au groupe mixte.



SOURCE :

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0747563220302491

1360 avenue de la Justice de Castelnau, 34090 Montpellier

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