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Le piège des liens superficiels

Découvrez comment les médias sociaux peuvent transformer nos interactions et remettre en question la frontière entre le virtuel et le réel. Imaginez-vous voguer sur le vaste océan d'Internet, naviguant à travers les flots des médias sociaux. Les vagues d'émoticônes, de selfies et de mèmes déferlent autour de vous, tandis que vous rencontrez de nouvelles personnes et tissez des liens avec elles. Mais à quel point ces relations en ligne sont-elles profondes et satisfaisantes par rapport à celles que nous entretenons dans le monde réel ? Une étude récente apporte un nouvel éclairage sur cette question. Elle dévoile un panorama complexe de la manière dont les médias sociaux modifient nos relations et notre communication, que ce soit en ligne ou hors ligne.



Médias sociaux, une bénédiction et une malédiction


Nous sommes à l'ère où nos vies sont en partie numériques. Les médias sociaux, bien qu'ils offrent de nouvelles opportunités d'interactions et de connexions, peuvent également nous entraîner dans un tourbillon de relations superficielles. Comme une boîte de chocolats géante, nous pouvons être tentés de goûter à tout, d'interagir avec une multitude de personnes, au risque de nous éloigner de nos relations hors ligne plus profondes et significatives. Imaginez une scène où un groupe d'amis se réunit autour d'une table, mais chacun est absorbé par son téléphone, scrollant sans fin sur les réseaux sociaux. Malgré leur proximité physique, leur attention est captivée par des liens virtuels, créant ainsi un écart entre eux.



La différence entre le virtuel et le réel


Nos interactions en ligne et hors ligne sont à la fois complémentaires et contrastées. Les participants à l'étude ont souligné qu'il existait des sujets dont ils pouvaient discuter en ligne mais pas hors ligne, et vice versa. Ce qui signifie que les médias sociaux peuvent offrir un espace de liberté pour échanger sur des sujets que nous pourrions hésiter à aborder face à face. Néanmoins, ils ont également noté que la proximité physique n'entraînait pas nécessairement une communication et une ouverture accrues, en fait, c'était parfois le contraire.



Les fondations de nos relations : théorie relationnelle et attachement


Les piliers qui soutiennent nos relations sont souvent invisibles à l'œil nu, mais la théorie relationnelle de Schibbye et les concepts d'attachement et d'affiliation de Bowlby nous aident à éclairer ces fondations cachées. Selon la théorie relationnelle de Schibbye, nos interactions avec les autres jouent un rôle essentiel dans notre développement individuel. Elles sont comme un miroir où nous voyons l'autre et sommes vus en retour, créant ainsi une reconnaissance mutuelle qui définit une relation.


En parallèle, Bowlby souligne l'importance de la proximité émotionnelle et de la sécurité que nous ressentons dans une relation (attachement), ainsi que du sentiment d'appartenance à un groupe social (affiliation). Ces éléments clés, tels que l'attachement et l'affiliation, façonnent nos relations et contribuent à leur profondeur et à leur signification. Ils nous rappellent que nos interactions avec les autres sont essentielles pour notre développement individuel, et que la proximité émotionnelle et le sentiment d'appartenance à un groupe jouent un rôle crucial dans la construction de relations solides et durables.



La compétence numérique


La compétence numérique est désormais une nouvelle dimension à prendre en compte dans la manière dont nous établissons et maintenons des relations. Les participants à l'étude ont souligné l'importance d'être à l'aise avec les technologies numériques pour pouvoir interagir efficacement en ligne. La compétence numérique ne se limite pas seulement à la capacité d'utiliser des outils technologiques, mais comprend également la capacité à comprendre, à interpréter et à créer un sens à partir des interactions numériques.



Amplification de l'isolement et de la solitude


Malgré l'interconnectivité promise par les médias sociaux, une augmentation de l'isolement et de la solitude a été rapportée par certains participants. La comparaison constante avec les autres et le manque de véritables interactions humaines peuvent amplifier les sentiments de solitude. De plus, l'obsession des "j'aime" et des commentaires peut mener à une dépendance aux médias sociaux, ce qui peut avoir des conséquences négatives sur notre santé mentale. Selon une étude récente, plus de 60 % des utilisateurs réguliers des médias sociaux ont déclaré se sentir seuls et isolés, malgré leur présence en ligne constante.



Des connexions plus larges mais moins profondes


Les médias sociaux permettent de tisser des liens avec un grand nombre de personnes. Toutefois, la profondeur de ces relations laisse souvent à désirer. Les participants ont exprimé qu'ils se sentaient parfois épuisés par le grand nombre de connexions superficielles et aspiraient à des relations plus significatives. Ils ont également mentionné que les interactions en ligne, en dépit de leur facilité apparente, nécessitaient une énergie mentale significative pour maintenir un certain niveau de participation.




Conclusion


Le piège des liens superficiels n'est pas une fatalité. Nous avons la possibilité de façonner notre utilisation des médias sociaux pour qu'elle favorise des relations plus profondes et plus significatives. Cela implique de prendre conscience de l'impact des médias sociaux sur nos vies, de reconnaître leurs avantages et leurs inconvénients, et de prendre des décisions éclairées sur la façon dont nous voulons les utiliser. En fin de compte, c'est à nous de décider si nous voulons surfer sur la vague des médias sociaux ou nager à contre-courant. Une approche équilibrée consisterait à définir des limites de temps pour l'utilisation des médias sociaux, à privilégier les interactions en personne et à cultiver des relations de qualité à la fois en ligne et hors ligne.




SOURCE :

Sjolie, H., Olsen, C. F., & Hempel, M. F. (2023). Attachments or Affiliations? The Impact of Social Media on the Quality of Peer Relationships—A Qualitative Study Among Norwegian High School Students. Youth & Society, 0(0). https://doi.org/10.1177/0044118X231171180

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