Par quels moyens une psychothérapie fonctionne?

Mis à jour : févr. 18

Vous êtes-vous déjà demandé comment les psychothérapies fonctionnent ?



C’est une question à la fois très importante et très complexe et qui occupe de nombreux chercheurs depuis des décennies. Dans une étude parue fin 2018 dans le journal Annual Review of Clinical Psychology sous le titre « The Role of Common Factors in Psychotherapy Outcomes » (Le rôle des facteurs communs dans les résultats des psychothérapies), des chercheurs de l’Institut de Recherche en Santé Publique d’Amsterdam ont tenté de faire le point sur cette question en regardant les résultats de plusieurs études et méta-analyses précédentes.


Une distinction fréquente est faite entre les facteurs dits spécifiques et ceux dits communs. Les facteurs spécifiques sont les facteurs qui appartiennent de façon intrinsèque à un modèle psycho-thérapeutique, alors que les facteurs communs sont ceux que l’on retrouve partagés dans la plupart des modèles de psychothérapies. Voici une liste de facteurs communs aux psychothérapies et qui sont donc au centre du questionnement des auteurs de cette étude :


Facteurs de soutien :

Catharsis, Identification avec le thérapeute, Atténuation de l'isolement, Une relation positive, Rassurer, Relâchement de la tension, Structure (cadre), Alliance thérapeutique, Participation active du thérapeute et du patient, Expertise des thérapeutes, La chaleur du thérapeute, le respect, l'empathie, l'acceptation, l'authenticité, Confiance.


Facteurs d’apprentissage :

Conseils, Expérience affective, Assimiler les expériences problématiques, Apprentissage cognitif, Expérience émotionnelle corrective, Retour d'information (feedback), Introspection, Rationalisation, Exploration du cadre de référence interne, L'évolution des attentes à l'égard de l'efficacité personnelle.


Facteurs d’action :

Réglementation comportementale, Maîtrise cognitive, Encouragement à faire face aux craintes, Prise de risques, Efforts de maîtrise, Modélisation, Pratique, Test de réalité, L'expérience du succès, Dépassement.



Les chercheurs se sont donc demandé si toutes les thérapies ont la même efficacité mais ils ont également réfléchi à la pertinence des méthodes employées pour comparer des thérapies entre elles. De nombreux biais se sont révélés et voici leurs conclusions :


1. Bien que des centaines d'essais contrôlés randomisés aient montré que les psychothérapies sont efficaces pour traiter les troubles mentaux, on ne sait pas comment elles fonctionnent.


2. Les thérapies peuvent fonctionner grâce à des techniques spécifiques à chaque thérapie, grâce à des facteurs que toutes les thérapies ont en commun, ou grâce à une combinaison des deux.


3. La question de savoir si les thérapies fonctionnent par des mécanismes communs ou spécifiques est débattue depuis plusieurs décennies, mais elle n'a pas été résolue car on ne sait pas comment les thérapies fonctionnent.


4. Les méta-analyses des études comparatives des résultats ne font pas toutes apparaître des effets comparables pour différentes thérapies et, comme d'autres explications sont possibles pour des effets comparables, on ne sait pas si toutes les thérapies ont effectivement des effets comparables.


5. Les études sur les composants (dans lesquelles un composant est retiré ou ajouté à une thérapie et est comparé à la thérapie complète) ne sont pas non plus concluantes, indépendamment du fait que des composants spécifiques sont en partie responsables des effets des thérapies.


6. Il n'existe pas de méthode simple pour examiner le fonctionnement des thérapies, et la plupart des recherches sur les facteurs spécifiques et communs ont été menées à l'aide d'études corrélationnelles ; il y a eu peu de recherches sur les associations temporelles, les relations dose-effet, les cadres théoriques de soutien et les études en laboratoire.


7. Bien que des centaines d'études corrélationnelles aient été menées au cours des dernières décennies, peu de progrès ont été réalisés dans la compréhension des mécanismes de changement des thérapies : C'est comme si nous étions dans une phase pilote de recherche depuis cinq décennies.


En résumé, ça marche, mais on se sait pas ni comment, ni pourquoi…



Source :


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1360 avenue de la Justice de Castelnau, 34090 Montpellier

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