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Le défi des troubles de stress post-traumatique chez les réfugiés : Comprendre et soutenir

Les réfugiés et les demandeurs d'asile font face à des défis immenses lorsqu'ils sont déplacés en raison de persécutions, de conflits ou de peur. Parmi ces défis, les troubles de stress post-traumatique (TSPT) sont particulièrement préoccupants. Dans cet article, nous explorerons en détail les problèmes auxquels les réfugiés sont confrontés en matière de TSPT, ainsi que les traitements et les approches de soutien disponibles pour eux.




La prévalence des TSPT chez les réfugiés


Les réfugiés sont particulièrement vulnérables au développement de TSPT en raison de leur exposition à des événements traumatisants et à des facteurs de stress permanents. La prévalence des TSPT chez les réfugiés varie en raison de différences méthodologiques, mais elle est d'environ 30 %. Les TSPT complexes, qui incluent des problèmes d'auto-organisation, sont également fréquents chez les réfugiés, avec des taux de prévalence pouvant atteindre 85,5 %.


Les réfugiés sont également atteints de divers troubles psychiatriques, notamment la dépression, l'anxiété et le deuil prolongé. Les taux de prévalence de ces affections sont élevés, la dépression et l'anxiété étant plus fréquentes que les TSPT. Les symptômes somatiques, tels que la douleur chronique, sont également fréquents chez les réfugiés et peuvent être liés à des symptômes spécifiques du TSPT.



Les mécanismes neuronaux, cognitifs et sociaux des TSPT chez les réfugiés


Les données disponibles sur les mécanismes neuronaux, cognitifs et sociaux des TSPT chez les populations réfugiées sont limitées. Cependant, des études de neuroimagerie suggèrent que la nature et la charge cumulative des événements traumatisants chez les réfugiés peuvent avoir des répercussions durables sur le fonctionnement neuronal. Les mécanismes biologiques, notamment la perturbation du fonctionnement des axes cortisol et HPA et la modification des modèles de réponse du système immunitaire, peuvent contribuer au développement du syndrome de stress post-traumatique chez les réfugiés. Des facteurs génétiques, tels que les allèles de risque du gène SLC6A4 et le polymorphisme Val158Met, peuvent également accroître la vulnérabilité aux TSPT chez les réfugiés.


Les approches thérapeutiques pour les réfugiés atteints de TSPT


La psychothérapie axée sur les traumatismes est le traitement de première ligne des TSPT chez les réfugiés, y compris l'exposition prolongée, l'EMDR et la thérapie par le traitement cognitif. La thérapie par exposition narrative (TNE) est une forme de psychothérapie axée sur les traumatismes développée spécifiquement pour les réfugiés, qui consiste à revivre des souvenirs de traumatismes sous la forme d'un récit de vie. Des approches de partage des tâches ont été adoptées pour combler les lacunes en matière de traitement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, notamment le programme Problem Management Plus (PM+) de l'OMS et l'approche de traitement par éléments communs (CETA). Les interventions en milieu scolaire peuvent être efficaces pour traiter les TSPT chez les enfants et les adolescents, les approches thérapeutiques axées sur les traumatismes étant couramment utilisées.



La pertinence culturelle des TSPT chez les réfugiés


La pertinence culturelle des TSPT chez les réfugiés est un sujet débattu. Les différences entre les visions du monde individualistes et collectivistes peuvent avoir une incidence sur les perceptions et les mécanismes de la santé mentale. Les réfugiés peuvent avoir des conceptions distinctes de la santé mentale, qui doivent être prises en compte dans le diagnostic et le traitement. L'adaptation culturelle des traitements est importante, mais les mécanismes sous-jacents du TSPT ne sont pas fondamentalement différents d'une culture à l'autre.



Les défis de la réponse au traitement et de l'accès aux soins


Seulement la moitié à un tiers des patients répondent de manière optimale aux psychothérapies axées sur les traumatismes pour les TSPT, y compris les réfugiés. Les événements traumatisants graves et prolongés, les facteurs de stress après la migration et l'absence de statut de réfugié peuvent entraver la réponse thérapeutique des réfugiés. Les modèles de soins échelonnés peuvent être bénéfiques pour les réfugiés atteints d'un TSPT sévère et résistant. Des recherches sur la mise en œuvre sont nécessaires pour intégrer des interventions fondées sur des preuves dans les pratiques de soins de santé régulières pour les réfugiés atteints de TSPT.


Les obstacles à l'accès au traitement psychologique pour les réfugiés incluent les faibles taux de demande de traitement, les obstacles logistiques, la stigmatisation et les faibles niveaux de connaissances en matière de santé mentale. Des approches personnalisées pour lutter contre la stigmatisation et améliorer les connaissances en matière de santé mentale sont nécessaires pour surmonter ces obstacles. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre la nature des TSPT chez les réfugiés de différentes cultures et pour optimiser la réponse au traitement et l'accès à des traitements fondés sur des preuves.



Conclusion


Les réfugiés sont confrontés à des défis uniques lorsqu'il s'agit de TSPT et d'autres problèmes de santé mentale. Il est essentiel de prendre en compte la culture, les expériences et les besoins spécifiques des réfugiés lors de la mise en œuvre de traitements et de soutiens. En travaillant ensemble pour améliorer la compréhension et l'accès aux soins, nous pouvons aider les réfugiés à surmonter les défis liés au TSPT et à vivre une vie plus épanouissante et sereine.




SOURCE :

Posttraumatic Stress Disorder in Refugees

Richard A. Bryant, Angela Nickerson, Naser Morina, Belinda Liddell

Annual Review of Clinical Psychology 2023 19:1, 413-436

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