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Là encore je viens de me perdre - Par Florence

Qu’il est difficile d’écrire…


Je sors de ma séance avec mon thérapeute et celui-ci m'a suggéré d'écrire, enfin disons qu’il m'a demandé si j'avais des talents artistiques (comme ma fille), je lui ai répondu : « non ! J’écris parfois mais c’est tout… »


Il y a 5 minutes, alors que je pensais à écrire, tout semblait être simple, enfin simple non, disons que j'avais plein d'idées en tête. Je me disais qu'il faudrait que je les structure certes, mais je pensais avoir des mots à coucher sur la feuille, ce n'est malheureusement plus le cas. Tout s’embrume… Je ne sais plus quoi dire… Je ne sais plus comment mettre ces idées en place alors que je n'ai pas écrit 10 lignes ; par quoi commencer ? Quoi dire ? Il est vrai que je ne suis pas censée écrire pour les autres, je suis supposée écrire pour moi, mais même pour moi les choses sont compliquées. Je ne sais pas comment les organiser, je ne sais pas par quoi commencer, en fait c'est comme dans mon cerveau, c'est compliqué. Je commence à penser à une chose, une autre arrive, ça se bouscule, j'en perds le fil, une idée en amène une autre, elle vient chahuter la précédente, du coup je ne sais plus où je voulais en venir, je ne sais plus quel était mon projet initial, ma pensée au début de ma réflexion, ce que je voulais faire. C'est pareil à la maison, quand je me lève pour faire quelque chose, parfois je m'interromps dans mon parcours pour faire autre chose et du coup, je suis perdue durant quelques secondes, je ne sais plus ce que j’avais entrepris, c'est très perturbant. Très vite je retrouve mon idée et je sais ce que j'allais faire, mais ces interruptions fréquentes parce que mes pensées se télescopent sont extrêmement pénibles. Là encore je viens de me perdre ; je n'étais pas du tout là pour écrire ça et je suis partie dans autre chose, c'est n'importe quoi, un peu comme ma vie d'ailleurs, c'est n'importe quoi…


Il s’est écoulé une bonne heure depuis ma dernière ligne et en me relisant, en réfléchissant, je constate que c’est faux ce que j’ai noté, ça ne reflète pas la réalité. En fait ce n'est pas que je perds le fil de mes idées, c'est que je reviens dessus ou sur la façon de les formuler. Mon problème est là. Je ne suis jamais totalement satisfaite de de ce que j'ai écrit, j'ai toujours envie de rajouter des éléments parce que j'ai des nouvelles pensées qui viennent s'ajouter aux précédentes, du coup c'est très compliqué de finaliser un écrit parce que je peux ne jamais m’arrêter. Je veux toujours ajouter des arguments ou corriger des propos, améliorer le texte, la syntaxe ou alors, à l'inverse, je cherche à synthétiser parce que je me dis que c'est lourd et indigeste : « ça ne va pas, y en a trop, ta phrase elle est trop longue… » du coup c'est très, très stressant pour moi d'écrire. Ma fille a le même sentiment que moi, elle en a parlé lors de sa soutenance (elle a été enregistrée et j’ai eu la chance de la visionner à postériori). C'est marrant parce qu'elle l'a très bien exprimé oralement et je me rends compte, en y faisant référence, que c'est vraiment là la difficulté pour moi, mettre à l'écrit ce que je dis oralement. Le problème d’un texte c'est qu'on peut revenir sur ce qu'on a écrit, ça offre la possibilité de le retoucher, une intervention orale ne le permet pas, on ne peut pas revenir sur ses mots, sur ce qu’on a dit. On ne peut plus l'effacer, mais l'écrit on peut toujours revenir dessus on peut toujours le retravailler, et pour moi c'est fatigant parce que c'est interminable. Tout est perfectible, je suis exigeante et perfectionniste, du coup je n'ai jamais fini de vouloir améliorer les choses, c'est épuisant. L’oralité a cette spontanéité, cette immédiateté qui me conviennent et surtout qui m’empêchent de chercher la perfection.

Quand je parle j’avance… Quand j’écris, je voyage dans ma tête et ce n’est pas un long fleuve tranquille. Preuve en est, j’ai rempli une page et je n’ai rien dit…

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