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Actualité psy - semaine 6

SOUTIEN SOCIAL ET STRESS POST-TRAUMATIQUE


Le traumatisme psychologique est un événement stressant de la vie que peut être lié à une mort réelle, une menace de mort, une blessure grave ou une violence.


Les expériences traumatisantes sont fréquentes puisque pas moins de 63% des adultes disent en avoir vécu au moins une. L’apparition d’un trouble du stress post-traumatique (TSPT) est d’autant plus probable que les traumatismes sont nombreux. 8% des jeunes anglais et gallois souffrent de stress post-traumatique.


Le TSPT se manifeste par des déficiences fonctionnelles comme la reviviscence, l'évitement, l'hyperstimulation ou l’évitement affectif.


L’un des facteurs bien identifié et permettant de prédire une évolution plus souvent positive du stress post-traumatique est le soutien social.


Le soutien social permet d'améliorer le fonctionnement social d'un individu ce qui conduit à une meilleure satisfaction générale dans la vie et contribue donc à le protéger contre le SSPT. Le soutien social renforce la résilience et l’estime de soi grâce aux conseils de l’entourage.


Si une personne a souffert de rejet social dans sa vie, sa perception du soutien social peut être altérée de façon négative et lui faire perdre le bénéfice de cet étayage. Ainsi, la détresse psychologique liée au TSPT peut entretenir le cercle vicieux par un jugement négatif des interactions et une tendance à l’isolement.


Il ne s’agit donc pas simplement d’avoir un soutien social mais bien d’être en mesure de créer et de bénéficier de ce soutien. Les auteurs de l’étude cherchent donc à comprendre les différences individuelles qui prédisposent une personne à être bien entourée.



ATTACHEMENT ET STRESS POST TRAUMATIQUE


Quelles sont donc les prédispositions individuelles qui peuvent expliquer la force du soutien social fasse aux différents traumatismes ?


Dans la théorie de l’attachement de Bowlby, il existe 4 types d’attachements différents : sécure, évitant, ambivalent/résistant et désorganisé.


Selon ce modèle, les nourrissons forment un lien interpersonnel avec la principale personne qui leur fournie des soins ce qui façonne les schémas internes de soi et des autres et constitue une base pour les relations sociales ultérieures.


Les personnes dont l'attachement n’est pas sécure sont plus susceptibles d'évaluer négativement le soutien de leur groupe social.


A l’inverse, un bébé dont l’attachement est sécure deviendra un adulte doté d'une régulation émotionnelle efficace et capable de s'adapter facilement aux situations stressantes.


Les enfants qui n'ont pas été réconfortés par leurs parents forment un lien anxieux insécurisant. Les enfants qui ont un attachement anxieux ont souvent un modèle interne négatif de soi et ont une régulation émotionnelle hyperstimulée à l’âge adulte, comme l'hypervigilance à l'abandon.


Les enfants qui ont un attachement évitant ont souvent un modèle de fonctionnement interne négatif des autres et évitent l'intimité (régulation hypoactive des émotions) avec les autres en raison des soins incohérents qu'ils ont reçus dans le passé.


La qualité de l’attachement dans l’enfance est importante pour les capacités de régulation émotionnelle à l’âge adulte.


Les adultes ayant un attachement insécure perçoivent le soutien social de manière critique et négative alors que ceux qui ont un attachement sécure rapportent des niveaux de soutien plus élevés et sont plus enclins à rechercher du soutien en cas de besoin.


Ainsi, le stress post-traumatique est plus fréquemment présent chez des personnes présentant des attachements insécures.


Les auteurs proposent d’expliquer le lien entre l’attachement et le soutien social perçu par un médiateur : la sensibilité au rejet.



SENSIBILTE AU REJET ET STRESS POST-TRAUMATIQUE


La sensibilité au rejet est donc la prédisposition d'une personne à s'attendre à un rejet et à y réagir fortement.


Une expérience passée de rejet augmente ensuite les comportements sociaux inadaptés, tels que l'évitement social.


Tout comme l’attachement insécure, la sensibilité au rejet conduit les personnes en situation de stress à utiliser des stratégies hypoactivantes et hyperactivantes de recherche de proximité.


Les personnes ayant une forte sensibilité au rejet perçoivent facilement l'interaction sociale comme menaçante, ce qui entraîne ensuite une baisse de la satisfaction soutien social. Les personnes qui sont sensibles au rejet ont un soutien social plus faible.


Une personne sensible au rejet peut se montrer plus agressive en cas d’exposition à un événement traumatique ce qui entrave la recherche de soutien social.


Les chercheurs ont donc étudié l’interaction entre l’attachement, la sensibilité eu rejet et le soutien social pour expliquer l’évolution d’un trouble du stress post-traumatique.

L’étude a été menée sur 141 adultes âgés de 18 à 69 ans et ayant vécu au moins un événement traumatique.


Près de 54% des participants souffraient probablement d’un trouble du stress post-traumatique.


Dans le sens des hypothèses des chercheurs, une forte sensibilité au rejet et des styles d’attachements insécures, permettent de prédire l’apparition d’un TSPT à la suite de traumatismes.


Plus précisément, des attachements très insécures sont associés à une forte sensibilité au rejet et à une plus grande sévérité des symptômes du TSPT. A l’inverse, plus le soutien social est élevé, plus on retrouve des attachements sécures, une moindre sensibilité au rejet et donc, des symptômes moins sévères.


Le soutien social perçu est bien en partie responsable de l’évolution du trouble et étant donné qu’il est relatif à la sensibilité au rejet, cette dernière dimension devient un élément important à prendre en compte dans la prise en charge des personnes en souffrance.



SOURCE :

Sila Jittayuthd & Anke Karl (2022) Rejection sensitivity and vulnerable attachment: associations with social support and PTSD symptoms in trauma survivors, European Journal of Psychotraumatology, 13:1, DOI: 10.1080/20008198.2022.2027676

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